Route du Rhum: Jérémie Beyou veut "boucler la boucle" en Imoca
Deuxième en 2014, troisième en 2022... Jérémie Beyou, l'un des patrons de la classe Imoca, prendra bientôt à Saint-Malo le départ de sa cinquième Route du Rhum. Un dernier défi avec son partenaire historique Charal avant de se tourner vers la navigation en Ultim.
"Comme beaucoup de monde, j'aime les histoires qui se terminent bien. J'ai envie de faire mieux que mes précédents résultats et j'ai aujourd'hui les atouts pour y arriver", estime auprès de l'AFP le skipper, chez Charal depuis quasiment dix ans.
Vainqueur de la dernière grande course entre Imoca - les monocoques de 18 mètres -, la Transat Café L'Or fin 2025, le Finistérien figure logiquement parmi les favoris de la 13e édition de la Route du Rhum, qui s'élancera le 1er novembre pour la Guadeloupe.
Dur au mal, Beyou a le sentiment de "boucler la boucle" sur la reine des transat, huit ans après avoir mis à l'eau pour l'édition 2018 le premier Imoca à grands foils, une technologie depuis imitée par toutes les autres grosses écuries.
- Un gros chantier -
"J'y ai beaucoup pensé ces derniers mois. Ce sera ma troisième Route du Rhum avec ce sponsor... une bonne partie de ma vie de skipper pro qui prend fin. Aujourd'hui, j'essaie plutôt d'évacuer pour être concentré sur la course au moment du départ", dit-il.
Pour mettre toutes les chances de son côté, il ne s'est pas reposé sur ses lauriers à son retour victorieux de Martinique l'hiver dernier. Une fois à Lorient (Morbihan), port d'attache du projet, le Charal 2 est entré en chantier pendant six mois.
"On voulait obtenir un bateau plus stable à haute vitesse et limiter la traînée. Cela a nécessité de le couper en deux pour remplacer la carène. Un sacré tour de force avec un coût bien moins élevé que la construction d'un bateau neuf", souligne Beyou.
Souhaitant conserver son sens marin pendant les travaux, le navigateur est aussi retourné brièvement en début d'année sur le circuit Figaro, qu'il connaît très bien puisqu'il a remporté à trois reprises l'éprouvante Solitaire (2005, 2011, 2014).
- "Nouvelle aventure" -
"Je voulais garder le contact avec l'élément et je n'avais plus fait de solo depuis le Vendée Globe. Moralement et physiquement, cela m'avait manqué. Cela permet de retrouver les automatismes, de pousser dans ses retranchements", estime ce père de trois enfants.
Même après trente ans de courses, dont cinq participations au Vendée Globe, Beyou est loin d'être rassasié du large et conçoit avant tout cette fin de cycle comme une nouvelle opportunité.
"J'ai conscience de la chance que j'ai de faire ce métier. Je suis toujours passionné. Physiquement, je vais bien. La retraite n'a pas encore frappé à ma porte et je ne vois aucune raison d'arrêter", insiste le navigateur de 50 ans.
Après avoir contribué à changer la donne en Imoca, il espère aujourd'hui convaincre de nouveaux partenaires financiers de l'accompagner en Ultim, ces maxi-trimarans de 32 m de long par 23 de large, capables de boucler un tour du monde en 40 jours seulement.
Une victoire sur la Route du Rhum en novembre serait un argument de poids.
J.Hill--PI