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Top 14: Montpellier et les rescapés de 2022 en reconquête
Top 14: Montpellier et les rescapés de 2022 en reconquête / Photo: Thibaud MORITZ - AFP

Top 14: Montpellier et les rescapés de 2022 en reconquête

Surprenants champions en 2022, les rescapés du premier titre de Montpellier en Top 14 sont partis en reconquête pour vivre une nouvelle finale samedi face à Toulouse, au bout de trois années moins glorieuses et d'une saison rédemptrice.

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Quatre ans après la conquête d'un premier Brennus, Arthur Vincent, Florian Verhaeghe, Mohamed Haouas, Alexandre Bécognée et Enzo Forletta constituent le coeur battant d'une équipe de Montpellier animée par un esprit de revanche et la foi des mal-aimés.

Autour de l'expérimenté Yacouba Camara, suspendu pour la finale, ils en forment le socle. "Je profite de mon staff et des joueurs qui ont gagné pour les amener à croire que c'est possible. Je me sers de ces joueurs qui ont déjà gagné avec ce maillot", confirme le manager Joan Caudullo.

Pendant quatre ans, ces joueurs ont fait l'apprentissage d'un statut de champion à assumer, de la décompression et d'une chute au bord de la relégation en Pro D2 en juin 2024.

"Il leur a fallu un peu de temps pour digérer. Ce n'est jamais anodin de gagner son premier Brennus. Les trois dernières années ont été très difficiles pour le MHR, qui jouait plus le maintien qu'autre chose. Les incessants changements de staff n'ont rien arrangé. Eux savent gagner, ils l'ont déjà fait, et c'est sur eux que leurs coéquipiers doivent se reposer", estime auprès de l'AFP Jean-Baptiste Elissalde, adjoint de l'ex-entraîneur montpelliérain Philippe Saint-André pendant trois ans (2020-23).

- Longue reconstruction -

Blessures au long cours, passages à vide, tourments judiciaires et choix controversés de l'impatient président Mohed Altrad, consommateur compulsif d'entraîneurs: ces joueurs de l'ombre ont vécu une traversée du désert qui a abouti lors de la saison 2023-24 à une 13e place et à une victoire sur le fil à Grenoble (20-18) lors du barrage de maintien.

"Ce qui nous arrive aujourd'hui, c'est lié au fait de retrouver certaines individualités de 2022 et d'avoir un collectif meurtri par 2024 et qui ne veut pas revivre ça. C'est resté dans les mémoires. On a connu ce qui était bien, on a connu la galère, on sait ce qu'il faut faire pour que cela soit bien et ce qu'il ne faut pas faire", confiait récemment Alexandre Bécognée, arrivé de Mont-de-Marsan en 2020.

Ces joueurs qui ont tous touché de près ou de loin à l'équipe de France ont aussi retrouvé leur niveau et, peut-être, l'estime d'eux-mêmes dans une longue reconstruction, escortée par un staff estampillé MHR.

- le symbole Bécognée -

Leaders charismatiques, Benoît Paillaugue et Geoffrey Doumayrou, sacrés en 2022 face à Castres, sont aujourd'hui aux côtés de Joan Caudullo pour guider du bord du terrain cette bande d'humbles revanchards.

"Certains comme Arthur Vincent, Yacouba Camara ou Alex Bécognée étaient présents à Grenoble il y a deux ans. On a réussi à remettre les mecs où ils devaient être, au niveau qu'ils doivent avoir pour performer. On a créé un collectif, quelle que que soit la composition d'équipe, qui répond à la même façon de faire. Et c'est une fierté pour mon staff", apprécie le manager Joan Caudullo.

Troisième ligne de devoir, qui ferraille dans les rucks et le travail obscur, Bécognée (29 ans, 1 sélection avec les Bleus) constitue ainsi le symbole du soldat prêt au sacrifice, mis en lumière par le staff et révélé par le collectif.

"C'est le joueur idoine pour mettre la pression sur l'adversaire. Il fait des courses exceptionnelles que l'on ne voit pas. C'est un joueur qui porte l'ADN de l'équipe. +Béco+ a 16/20 à tous les matches car il fait des choses pour mettre la pression sur l'adversaire", décrypte Caudullo. Qui établit en creux le mode d'emploi pour tenir le choc face à Toulouse.

J.Jackson--PI