Philadelphia Independent - Au Venezuela, fast-food et gare routière se muent en hôpitaux de campagne

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Au Venezuela, fast-food et gare routière se muent en hôpitaux de campagne
Au Venezuela, fast-food et gare routière se muent en hôpitaux de campagne / Photo: Miguel MEDINA - AFP

Au Venezuela, fast-food et gare routière se muent en hôpitaux de campagne

Quatre poches de sérum pendent du plafond du McDonald's transformé en centre de soins après le double séisme qui a fait plus de 2.600 morts et plus de 12.000 blessés au Venezuela.

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Les tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé de plein fouet le 24 juin l'Etat de La Guaira, au nord de Caracas, dépourvu de la capacité hospitalière suffisante pour accueillir tant de victimes.

Les deux hôpitaux ont été débordés en quelques heures et les patients se rendent désormais dans des centres de soins improvisés: des tentes installées par des professionnels mais aussi la gare routière ou un McDonald's.

L'enseigne américaine reçoit à Caraballeda, ville côtière très durement frappée, des dizaines de personnes souffrant de "crises d'hypertension, crises d'anxiété, symptômes diarrhéiques", explique à l'AFP Karlys Figueroa, chirurgienne oncologue de 33 ans, qui y officie bénévolement.

"Nous sommes venus apporter notre aide, il y a beaucoup de victimes à prendre en charge", ajoute-t-elle.

Plus d'une trentaine de médecins soignent les sinistrés dans cet hôpital de campagne avec sa zone d'accueil, une pharmacie, un entrepôt et des espaces de prise en charge psychologique ou vétérinaire.

Au comptoir où sont habituellement servis les hamburgers, on distribue désormais des arepas (galettes vénézuéliennes) et des sandwichs offerts. Le glacier s’est transformé en refuge pour des animaux retrouvés, en attente d'un nouveau maître.

La Dr Figueroa osculte Gilber Oropeza, un pompier venu de l'Etat de Yaracuy, plus à l'ouest, pour se joindre aux opérations de secours.

"J'ai manipulé les décombres pratiquement partout, je crois que c'est pour ça que j'ai mal à l'estomac", raconte-t-il à l'AFP, allongé sur un banc rembourré.

- Risque d'épidémie -

Trois grandes tentes blanches ont été dressées dans la cour d'une gare routière à Catia La Mar, un peu plus loin sur la côte. À l'intérieur de chacune d'entre elle, six brancards équipés d'écrans permettent d'assurer des premiers soins, tant physiques que psychologiques.

Une femme pleure en silence en se couvrant le visage avec un mouchoir. Un médecin lui fait calmement le point sur son état de santé, une scène devenue courante à La Guaira.

Près de 4.000 patients ont été pris en charge dans ce centre de soins provisoire.

Iverson Medina, 13 ans, est soigné sur une civière. Il porte une attelle à la jambe droite et à la cheville gauche, blessé après avoir passé 16 heures sous les ruines de son immeuble.

"J'ai eu très peur parce que je pensais qu'on n'allait pas me secourir, c'est seulement après avoir vu les pompiers, tout ça, que je me suis calmé", dit-il à l'AFP, au côté de sa sœur.

Iverson Medina et un cousin ont survécu aux séismes, mais il a vu mourir sa grand-mère et un autre de leurs cousins.

María José Pino, gynécologue-obstétricienne, a elle aussi survécu: l'alerte sismique sur son téléphone portable lui a sauvé la vie. Malgré sa jambe blessée, elle soigne des patients sans relâche depuis le premier jour.

Mais un sentiment d'impuissance la submerge. "J'ai l'impression que, malgré tout ce que j'ai fait, c'est comme si je n'avais rien fait, comme s'il manquait quelque chose, parce qu'il manquait effectivement des mains, il manquait de l'aide", confie-t-elle.

Le Dr Antonio Olaizola explique à l'AFP que le risque d'épidémies augmente à mesure que les sinistrés remplissent les refuges, après l'effondrement de plus de 180 immeubles à La Guaira.

"Nous avons déjà des cas d'infections liés à cet événement", indique-t-il, soulignant que la surpopulation est un facteur "fondamental" dans la propagation des maladies infectieuses.

W.Wright--PI