Budget britannique : Londres taxe les banques pour soutenir les ménages
Le gouvernement travailliste du Premier ministre britannique Andy Burnham a annoncé mercredi, lors de la présentation du budget, le rehaussement d'une surtaxe sur les banques afin de financer des aides ciblées aux ménages, notamment face à la hausse de leurs factures d'énergie.
"Au milieu des tempêtes économiques mondiales, je compte sur nos banques pour aider à financer un peu de répit pour les familles britanniques", a déclaré le ministre des Finances John Healey, qui a présenté les plans de l'exécutif aux députés à la mi-journée.
Instaurée en 2016 à un taux de 8 %, puis ramenée à 3 % en 2023, cette surtaxe sera portée à 6 % pendant quinze mois à partir de janvier. Le gouvernement en attend 1,5 milliard de livres de recettes supplémentaires.
Ces recettes contribueront notamment à financer une aide directe de 100 livres à quelque 20 millions de foyers en Angleterre pour les aider à faire face à la hausse de leurs factures d'énergie cet hiver.
Cette aide, destinée aux foyers vivant dans des logements de valeur modeste ou moyenne, sera versée "directement sur [leur] compte bancaire", selon le ministre.
John Healey a également prolongé jusqu'en juillet les réductions de taxes sur les carburants et annoncé la suppression, à partir de l'an prochain, des frais fixes sur les factures de gaz.
- Perspectives assombries -
Selon les estimations gouvernementales, cette dernière mesure pourrait faire économiser en moyenne 45 livres par an à 60 % des ménages concernés. Ces coûts seront toutefois répercutés sur le prix du gaz consommé.
La suppression de la TVA sur l'électricité, entrée en vigueur en octobre, sera par ailleurs prolongée jusqu'au 1er juillet 2027.
Le ministre a évoqué les "tensions commerciales", "l'invasion illégale de l'Ukraine par Poutine" et la guerre au Moyen-Orient pour décrire les chocs auxquels est confrontée l'économie britannique.
L'Office for Budget Responsibility (OBR), l'organisme chargé de surveiller les finances publiques, a d'ailleurs abaissé mercredi sa prévision de croissance pour 2027 à 1 %, contre 1,6 % en mars. Il a toutefois légèrement relevé celle de 2026, de 1,1 % à 1,2 %.
Soucieux de rassurer les marchés, le ministre a affirmé que "la discipline budgétaire" constituait son "premier engagement".
Ses règles budgétaires lui imposent notamment de financer les dépenses courantes par les recettes, sans recourir à l'emprunt.
- "Message clair à Moscou" -
Parmi les autres annonces figurent des mesures ciblées et peu coûteuses comme la réduction de certains droits de douane sur plus de 100 produits importés (comme les cornichons ou le chocolat), le maintien d'indemnités kilométriques défiscalisées ou encore l'extension des indemnités parentales.
Une hausse du salaire minimum à 3,9 %, soit un niveau légèrement supérieur à l'inflation, a également été annoncée.
Le ministre a également promis aux entreprises 800 millions de livres d'économies grâce à la simplification des formalités administratives et douanières.
Concernant l'Ukraine, John Healey a annoncé un soutien économique et militaire supplémentaire de 10 milliards de livres, reposant notamment sur des prêts et des garanties de financement à l'exportation.
Le dispositif comprend 500 millions de livres d'aide militaire d'urgence pour renforcer les défenses antiaériennes ukrainiennes cet hiver.
"Nous adressons aujourd'hui un message clair à Moscou : le Royaume-Uni restera aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra", a-t-il déclaré.
Il a également promis de porter à 3 % du PIB les dépenses de défense d'ici 2030, un sujet particulièrement sensible pour lui, qui avait démissionné du ministère de la Défense sous Keir Starmer pour protester contre des financements jugés insuffisants.
Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a salué une "bonne nouvelle".
La trajectoire vers l'objectif de 3,5 % du PIB consacré à la défense en 2035 sera détaillée lors de la revue des dépenses de l’an prochain.
M.Martin--PI