Reprise des vols à l'aéroport de Riyad, malgré de nouvelles attaques houthies contre le royaume
Les vols ont repris dimanche à l'aéroport international de Riyad, fermé pendant deux semaines après une série d'attaques meurtrières des Houthis pro-iraniens du Yémen, qui ont lancé dans la journée de nouvelles frappes contre le royaume.
Le site internet de l’aéroport affichait dimanche plusieurs liaisons domestiques et internationales prévues, notamment en provenance de Dubaï, de Paris et du Caire.
Cette reprise est intervenue après que la capitale a été secouée à l'aube par des explosions - un journaliste de l'AFP en a entendu trois -, précédées de l'envoi de SMS enjoignant les habitants à se mettre à l'abri face à une menace aérienne.
La coalition militaire dirigée par Riyad, qui appuie le gouvernement yéménite face aux Houthis soutenus par l'Iran, a indiqué avoir abattu un missile balistique tiré en direction de la ville, ainsi que deux drones ciblant sa région.
Dans ce contexte, les organisateurs du Dakar 2027, le plus célèbre rallye-raid du monde, ont indiqué que si la course était maintenue, elle ne se tiendrait pas en Arabie saoudite, comme prévu au départ du 1er au 15 janvier. Le nouveau lieu sera annoncé dans les prochains jours.
Plusieurs grands événements internationaux ont déjà été annulés ou reportés en Arabie saoudite, notamment son grand forum d’investissement repoussé à 2027, après la reprise en juillet du conflit yéménite.
Sollicités par l'AFP, les responsables saoudiens n’ont pas fourni d'informations sur l'ampleur de la reprise des opérations à l’aéroport.
Selon le site de suivi aérien Flightradar24, un petit nombre de vols ont décollé, mais la majorité des liaisons ont été annulées.
- "Cible militaire" -
Les Houthis, qui échangent désormais quasi-quotidiennement des frappes avec l'Arabie saoudite, ont renouvelé dimanche leur avertissement au secteur aérien "contre l'utilisation de l'aéroport King Khalid de Riyad" qui "constitue une cible militaire".
Si l'aéroport reprend ses opérations, "le régime saoudien devra en assumer les conséquences", a ajouté leur porte-parole militaire, Yahya Saree, dans un communiqué.
Il avait affirmé samedi que son mouvement l'avait une nouvelle fois visé, sans que Riyad ne commente.
L'ampleur des attaques visant le royaume ces dernières semaines est inédite depuis le début des hostilités au Yémen en 2014. Une trêve était intervenue en 2022 avant de voler en éclats en juillet.
La frappe houthie la plus meurtrière visant l'aéroport de la capitale avait coûté la vie à 13 personnes et fait des centaines de blessés mi-octobre.
Selon la coalition militaire, les combattants soutenus par l'Iran ont aussi mené dimanche des attaques, interceptées, dans le sud du royaume, où des alertes adressées aux habitants se sont succédé tout au long de la journée.
- "Tout tremble" -
"Les bombardements sont très intenses depuis ce matin (...). Tout tremble à cause des explosions", a déclaré dimanche à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un habitant de la ville méridionale de Khamis Mushait, qui accueille une base aérienne.
La coalition a annoncé avoir intercepté dix missiles balistiques dans la région, et un missile de croisière visant Khamis Mushait.
Une image diffusée par l'agence de presse officielle saoudienne SPA montre un bâtiment dont une partie de la façade supérieure a été détruite, laissant apparaître des tiges métalliques. Sur une autre, des éclats de verre jonchent le trottoir et une partie de la chaussée sous de grandes vitres brisées.
Sur le terrain yéménite, la chaîne de télévision houthie Almasirah avait fait état samedi de plusieurs frappes saoudiennes ayant fait 17 morts, notamment à Sanaa, la capitale qu'ils contrôlent. Des affirmations que Riyad n'a pas commentées.
La coalition avait, elle, indiqué avoir intercepté samedi plusieurs missiles et un drone houthis.
Samedi, les Houthis ont également affirmé avoir mené des frappes visant Aden, siège provisoire du gouvernement dans le sud du Yémen, précisant avoir visé une base navale et un camp militaire sous le contrôle des forces saoudiennes.
La reprise du conflit au Yémen a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines contre Téhéran.
Les combats ont fait des centaines de morts, causé le déplacement de plus de 250.000 personnes selon le HCR et affecté les marchés pétroliers, les Houthis s'étant emparés en septembre du littoral du pays, renforçant leur emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb qui verrouille au sud de la mer Rouge l'accès au canal de Suez.
L.Stewart--PI