Le Mondial de l'auto ouvre ses portes au public
Le Mondial de l'auto à Paris ouvre ses portes au public mardi, au lendemain de son inauguration par Emmanuel Macron, et environ 500.000 visiteurs sont attendus jusqu'à dimanche.
Pour cette 91e édition, ils vont pouvoir tester (sur inscription) près de 90 modèles de 20 marques, citadines, berlines ou SUV, électriques ou hybrides, et, pour la première fois - mais comme passagers -, des véhicules autonomes, des marques américaine Tesla et chinoise Xpeng.
Le développement de la voiture autonome a été le sujet d'une table ronde lundi entre Emmanuel Macron, qui en fait l'une des priorités de la filière, et les acteurs concernés.
Alors que les véhicules sans conducteur étaient présentés comme une future nouvelle technologie au dernier Mondial il y a deux ans, ils sont devenus une réalité aux États-Unis ou en Chine, au carrefour du secteur automobile et de l'intelligence artificielle (IA), et un enjeu de souveraineté.
"Je pense que l'Europe doit s'y intéresser", a déclaré le directeur général de Renault Group François Provost lundi, lors d'une table ronde avec des journalistes.
Sur les robots-taxis, "en Californie, il y a des zones où ça marche, où c'est même attractif pour les clients", a-t-il poursuivi. "Nous, Renault, on s'y intéresse, c'est un changement de cap (...) et on a un certain nombre de projets pilotes sur les voitures robots-taxis ou autonomes", a déclaré M. Provost, sans plus de détails.
Autre sujet majeur de ce salon, la concurrence des marques chinoises, dont 25 sont exposées, sur une soixantaine de participants, des plus connues (BYD, Leapmotor, Chery) aux nouveaux entrants (Aito, GAC, Geely...).
Lors de sa visite de plusieurs heures lundi, Emmanuel Macron a tenté de rassurer les industriels français face à cette concurrence, qui représente plus de 10 % des ventes en Europe.
- Sommet avec les patrons européens -
Face à un marché automobile "difficile" en Europe, il a mis l'accent sur l'innovation et l'électrification des automobiles, pour relancer les ventes françaises et européennes face à la concurrence.
Il a réservé sa visite à Stellantis, Renault et Valeo, et au stand de la Fabrique de l'innovation de la Plateforme automobile (PFA), qui représente les acteurs français du secteur.
Emmanuel Macron s'est fait présenter les dernières nouveautés sur les stands, s'informant notamment de la façon de réduire les coûts de fabrication des batteries électriques, secteur particulièrement encouragé depuis le début de sa présidence avec l'installation de plusieurs usines dans le nord de la France.
L'accord UE-Chine annoncé vendredi pour limiter l'importation de voitures hybrides et hybrides rechargeables chinoises va permettre de "mieux protéger le marché européen de la concurrence déloyale", a estimé le président Macron, "il est le fruit d'un travail de plusieurs années".
Comme le chef de l'État, les visiteurs du Mondial devraient passer un long moment devant le stand de Citroën, pour découvrir la future 2CV électrique (pas commercialisée avant 2028), en version orange fluo.
Autant de thèmes qui devraient être abordés mardi au "Summit" de la PFA, qui organise le Mondial. Cet événement donnera la parole aux dirigeants de Stellantis, Antonio Filosa, Volkswagen, Oliver Blume, Valeo, Christophe Périllat, Renault, François Provost et XPENG, Xiaopeng He, mais aussi au président du Medef, Patrick Martin, au ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin et au vice-président de la Commission européenne Stéphane Séjourné.
Ce dernier défend l'Industrial Accelerator Act (IAA), qui vise à renforcer l'industrie européenne, l'automobile représentant environ 7 % du PIB de l'Union européenne et 7 % des emplois en Europe.
R.Robinson--PI