Début du premier tour de la primaire sociale-démocrate, ralenti par une cyberattaque
Le premier tour de la primaire sociale-démocrate a débuté vendredi, mais a été aussitôt ralenti par une cyberattaque. Quelque 140.000 électeurs vont choisir leur candidat à la présidentielle parmi cinq prétendants, dont le favori, l'eurodéputé de Place publique Raphaël Glucksmann, et son challenger, le patron du PS Olivier Faure.
L'ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, le député socialiste Jérôme Guedj et le député de La Gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel, sont également en lice.
Le vote qui se fait uniquement par voie électronique, a débuté à 8H00, mais a été perturbé par une cyberattaque visant la plateforme de connexion.
Selon la commission d'organisation de la primaire, qui a dénoncé une "grave attaque d'un processus démocratique", cette cyberattaque consiste à créer un "afflux massif et fictif de connexions" par le biais de "bots (robots)", qui "entrave la capacité à voter d'une partie des électeurs", sans cependant entraîner de "coupure" dans le scrutin.
Un responsable socialiste a précisé à l'AFP avoir effectivement pu voter, mais qu'il y avait "une longue file d'attente".
La commission précise que les trois formations politiques organisatrices du scrutin (PS, Place publique et GRS) ont saisi la justice.
L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) a également été saisie, a indiqué Matignon.
Ce vote doit s'achever samedi à 20H00, avec un résultat qui sera connu dans la foulée. Si un deuxième tour est nécessaire, il aura lieu les 16 et 17 octobre.
Raphaël Glucksmann, crédité de 10 à 12% dans les intentions de vote pour la présidentielle, espère pouvoir l'emporter dès le premier tour, alors qu'Olivier Faure navigue entre 3 et 5%.
Un sondage Harris interactive pour M6 et RTL publié vendredi montre qu'à l'issue des débats télévisés, une majorité de Français place Raphaël Glucksmann en tête de leurs préférences (33% des Français en ont une bonne opinion et 53% des personnes interrogées "se positionnant à gauche"). Ségolène Royal arrive juste derrière (28% et 47%), devant Olivier Faure (24% et 42%). Mais 28% des Français se positionnant à gauche n'ont trouvé aucun des cinq candidats convaincant.
- Corps électoral incertain -
Avec une large part de votants qui ne sont pas issus des partis politiques organisateurs et se sont inscrits sur une plateforme dédiée, le corps électoral reste pour une grande part inconnu, laissant planer l'incertitude sur le résultat.
Nathalie Struzyk, 63 ans, adhérente au PS depuis 2022, et retraitée à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), n'avait pas encore voté vendredi matin, mais son choix se porte sur Olivier Faure, a-t-elle expliqué à l'AFP. "C’est le candidat qui, pour moi, incarne le PS" et qui "a eu le courage de reprendre la fonction qu'il incarne aujourd'hui".
Aurore Pageaud, 26 ans, conseillère municipale d’opposition PS à Arras a elle voté dans la matinée pour Raphaël Glucksmann, qui est "le mieux placé actuellement dans notre famille politique, et on a intérêt à capitaliser sur la personne la mieux placée", explique-t-elle.
Au terme de trois débats télévisés où les affrontements ont parfois été rugueux, plusieurs points de friction se sont fait jour, et notamment sur une éventuelle alliance avec La France insoumise.
Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj la refusent vigoureusement, accusant le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon de jouer avec les codes de l'antisémitisme, et arguant qu'une alliance avec la formation radicale serait synonyme de défaite face à l'extrême droite.
Ils accusent de "soumission" à LFI Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel, tous trois favorables à un rapprochement de l'ensemble de la gauche à l'Assemblée.
A l'inverse, Olivier Faure et Ségolène Royal ont reproché à Raphaël Glucksmann, de vouloir, selon eux, se tourner vers le centre.
Jeudi, les tensions se sont exacerbées : Olivier Faure a estimé qu'une victoire de Raphaël Glucksmann signifierait l'"effacement" du PS dans l'élection présidentielle. Ségolène Royal avait déjà déploré un "hold-up" de l'eurodéputé sur le parti.
Même si le corps électoral a dépassé les prévisions, cette primaire est très loin de celle qui avait permis la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 et 2,8 millions de votants).
D.Garcia--PI