A Reykjavik, Rubio affirme que l'Islande est un "avant-poste crucial" pour la sécurité
En visite en Islande, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a estimé mardi que cette île de l'Atlantique nord constituait un "avant-poste crucial" pour la sécurité à un moment où les tensions grimpent dans la région.
"L'Islande a permis aux forces armées américaines de projeter leur puissance (...) nous offrant un avant-poste crucial pour surveiller les activités clandestines et dissuader nos adversaires d'entrer sur votre territoire souverain et sur le territoire souverain de nos alliés communs", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Arrivé lundi soir à Reykjavik, la capitale islandaise, M. Rubio s'est entretenu avec la Première ministre islandaise, Kristrun Frostadottir, ainsi qu'avec son homologue, Thorgerdur Katrin Gunnarsdóttir.
Le chef de la diplomatie américaine a visité la résidence Hofdi, là même où il y a quarante ans, en octobre 1986, les présidents américain et soviétique, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, avaient posé pour une poignée de main historique.
Répétant cette même scène, M. Rubio y a échangé une poignée de main avec la cheffe de la diplomatie islandaise.
Avec Mme. Gunnarsdottir, le secrétaire d'Etat a également parlé énergie geothermique, centre de données et industrie pharmaceutique.
Début septembre, le président américain, Donald Trump, avait déclenché une polémique avec une "carte" recouvrant du drapeau des États-Unis toute l'Amérique du Nord, le Mexique, les Caraïbes, le Groenland et l'Islande.
Reykjavik avait réagi en convoquant l'ambassadeur américain, un événement dont les deux dirigeants ont parlé.
"Nous avons déjà traité cette question de manière constructive (...) nous avons été très transparents à ce sujet, car nous entretenons une très bonne relation avec les États-Unis et nous voulons continuer à la renforcer", a déclaré Mme Gunnarsdottir.
- "Bon" accord sur le Groenland -
La ministre a également salué le "bon" accord entre le Danemark, le Groenland et les Etats-Unis, après des mois de tensions suite aux menaces de Donald Trump de prendre "contrôle" du territoire autonome danois, ce qui a envenimé les relations transatlantiques.
Avec ce coup de projecteur sur l'Arctique (la côte est du Groenland est située à moins de 300 kilomètres), l'Islande a retrouvé une importance stratégique de premier plan.
L'île, dépourvue d'armée, continue de s'en remettre largement aux États-Unis pour assurer sa sécurité, via un accord de défense bilatéral conclu en 1951 et à travers l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan).
M. Rubio doit aussi visiter la base de Keflavik, une ancienne base militaire américaine, et y rencontrer des membres de l'US Navy stationnés ici.
La dernière visite d'un secrétaire d'Etat américain en Islande remonte à 2021.
Le déplacement de M. Rubio intervient aussi après un référendum fin août, où les Islandais ont rejeté par 52,8 % contre 47,2 % une reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, gelées depuis 2013.
Après l'Islande, Marco Rubio se rendra mardi après-midi à Athènes pour participer mercredi à un "dialogue stratégique", concernant notamment la sécurité régionale et énergétique, selon le département d'Etat.
Il doit ensuite faire escale au Portugal
R.Campbell--PI