Sous le ciel immaculé de Paris, le "passage formidable" de la papamobile de Léon XIV
A son passage mains et drapeaux s'agitent, des cris de liesse s'élèvent, des larmes de joie coulent. "Regarde c'est le pape, c'est dingue !", s'enthousiasme un fidèle devant le pape Léon XIV dans sa papamobile blanche.
Une petite fille est portée par dessus les fidèles massés sur les trottoirs, le pape la bénit sur le front quand ailleurs, la foule crie "Papa Leone !" ou chante des "Alléluia".
Le public s'est agglutiné vendredi contre les barrières si tôt annoncé le début de la déambulation: 2,5 kilomètres entre l'église Notre-Dame-des-Champs près de Montparnasse, jusqu'à la place Saint-Michel, à deux pas de l'île de la Cité et de la cathédrale Notre-Dame.
Avant son passage, des scouts chantent, les enfants crient "vive le pape !".
A son arrivée, le public l'acclame, les téléphones sont brandis pour immortaliser le moment.
"On l'a très bien vu même s'il est passé très vite", réagit Léa Revel, infirmière de 25 ans.
"C'est toujours très émouvant de voir un pape", confie Grégoire Maringui, 28 ans. "C'était un passage formidable, c'est un événement fédérateur, surtout que c'est un pape très accessible et ouvert", ajoute-t-il.
Non loin, Fabian Guttierrez, un "fervent catholique" colombien de 52 ans, repasse déjà la vidéo du passage de la papamobile sur son téléphone. "C'est une grande émotion, d'autant que c'est le premier pape que je vois en personne."
C'est la première visite en France du pape américain de 71 ans depuis son élection en 2025. Aucun souverain pontife n'avait foulé le sol parisien depuis 2008.
Environ 300.000 personnes étaient présentes le long du parcours pour voir le pape à Paris, selon le Vatican.
- "Emue aux larmes" -
"Je suis émue aux larmes. Il dégage de la joie", commente pour sa part Maria Diaz, 52 ans. "Ça se voit qu'il cherche à unir les gens, j'espère que son message sera entendu par nos dirigeants et la population."
Chants entonnés en choeur, rock chrétien mêlé au son d'une cornemuse ont rythmé pendant des heures les trottoirs du coeur de Paris où jeunes, retraités venus de banlieue ou plus loin, se sont postés pour certains dès le matin.
Le cœur de la capitale a été mis sous cloche et la circulation interdite dans les secteurs qu'a emprunté la papamobile. Les balcons et trottoirs se sont parés des couleurs jaune et blanc du Vatican, avec des fanions distribués par les bénévoles.
Des riverains ont affiché des banderoles pour dire "merci" ou accueillir le "pape Léon".
Dès l'ouverture à 12H30 des périmètres accessibles au public, les fidèles ont pris place le long des barrières, notamment le long du boulevard Saint-Michel.
Quand le pape passe devant, il sourit et adresse un long salut à la communauté péruvienne, qui lance des cris de joie. Depuis midi, ses membres avaient décoré les barrières de drapeaux péruviens et répété des chants pour attirer l'attention de celui qui fut évêque du diocèse péruvien de Chiclayo.
"Il a lu ma pancarte. Je me sens super bien, super heureuse !", assure Aida Huamán, une Péruvienne de 56 ans, qui vit à Lima et est venue en France il y a un mois pour voir sa fille et le pape.
Dans ses mains, elle tient la pancarte "Pape Léon XIV. Le Pérou est avec toi" qu'elle a brandie au passage du pontife américano-péruvien. "On ressent quelque chose d'extraordinaire, une énergie incroyable", décrit celle qui n'a pas réussi à "fermer l'œil" la nuit précédente, trop émue à l'idée de revoir le pontife.
"J'ai pleuré tout du long. Il nous a regardés", dit encore très émue Issen Mote, une photographe péruvienne de 46 ans qui vit en France depuis six ans. Vêtue du maillot de l'équipe nationale de football du Pérou, elle est venue voir le pape accompagnée de sa fille et de son mari français.
Pour d’autres, comme Javier Castillo, 66 ans, sacristain à l'église parisienne de la Madeleine, "le pape est passé très vite". Et pourtant, il avait "le mot magique" pour qu'il s'arrête et le salue: "C’est +causa+ !", confie-t-il en plaisantant, en référence à ce terme qui désigne un plat péruvien mais veut aussi dire "ami" dans le langage familier.
H.Harris--PI