Tour Montparnasse: le projet de rénovation tombe à l'eau
Les copropriétaires de la tour Montparnasse ont rejeté mercredi, lors d'une assemblée générale, le lancement de la première phase de travaux de rénovation du gratte-ciel, actant ainsi l'abandon d'un ambitieux projet de rénovation, a appris l'AFP auprès de copropriétaires.
La résolution prévoyant "d'initier les travaux de rénovation par la signature d'un marché de désamiantage, curage, dépose partielle de façade" a été rejetée à plus de 76% par les copropriétaires de la tour Montparnasse, selon un copropriétaire présent.
Or, cette assemblée générale était la dernière chance pour pouvoir lancer les travaux avant que le permis de construire accordé pour la rénovation de la tour de bureaux n'expire fin novembre.
Sur la table depuis 2015, la vaste rénovation prévoyait une métamorphose en tour vitrée avec terrasses arborées, accueillant hôtel, commerces et services, ainsi qu'une serre agricole sur son toit, pour un coût global de 800 millions d'euros.
Le principal copropriétaire du gratte-ciel, LFPI (La Financière patrimoniale d'investissement) avait fait part en juillet de son opposition au projet, qu'il soutenait jusqu'alors, à cause de l'explosion du coût estimé et de tensions internes autour d'échanges de surfaces.
L'été n'a pas suffi pour résoudre ce conflit interne et LFPI a été rejoint par d'autres poids lourds de la copropriété, dont MGEN et Axa, dans son opposition au projet de rénovation.
Un nouveau conseil syndical a aussi été formé, avec pour ambition de retravailler sur un projet de rénovation et de déposer un nouveau permis de construire, indique un copropriétaire qui vient d'entrer au conseil syndical.
Il est aussi prévu de faire voter lors d'une prochaine assemblée générale le lancement des travaux de curage et désamiantage, "pour ne pas laisser cette tour vide", indique ce copropriétaire.
En l'état actuel, le projet est "aux oubliettes", tout comme la rénovation du centre commercial au pied de la tour, déplore Frédéric Lemos, ex-président du conseil syndical du bâtiment et copropriétaire, qui est partie prenante dans le conflit interne.
Il assure, dans un communiqué cosigné avec l'entrepreneur Xavier Niel et deux autres copropriétaires, ne pas "se résigner à enterrer la tour Montparnasse".
"Nous souhaitons que l'ensemble des copropriétaires, les partenaires financiers et les pouvoirs publics puissent rapidement se retrouver pour examiner toutes les solutions permettant de transformer la Tour Montparnasse", ajoutent les quatre copropriétaires.
T.Reed--PI