Philadelphia Independent - Enfants et réseaux sociaux : des experts européens dévoilent leurs propositions

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Enfants et réseaux sociaux : des experts européens dévoilent leurs propositions
Enfants et réseaux sociaux : des experts européens dévoilent leurs propositions / Photo: Nicolas TUCAT - AFP

Enfants et réseaux sociaux : des experts européens dévoilent leurs propositions

L'Europe doit-elle interdire les réseaux sociaux aux enfants pour les protéger, comme veulent le faire plusieurs pays membres?

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Des experts indépendants remettent lundi des recommandations à la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, qui annoncera bientôt ses arbitrages.

Bruxelles réfléchit à l'opportunité de mettre en place une "majorité numérique" à l'échelle de toute l'Union européenne, à l'image de l'Australie l'an dernier.

Au sein des 27, de nombreux pays, France en tête, mais aussi l'Espagne, la Grèce, le Danemark, l'Autriche ou la Suède, sont déjà en train de mettre en place des interdictions ou restrictions d'accès aux réseaux pour les mineurs, ou l'envisagent.

Le sujet ne fait cependant pas l'unanimité parmi les 27, certains Etats comme l'Estonie s'opposant à des interdictions.

Mais instaurer de telles mesures dans toute l'UE permettrait d'éviter de se retrouver avec un méli-mélo de règles nationales.

Un régime européen harmonisé serait par nature plus facile à faire appliquer aux plateformes, d'autant que leur régulation est déjà largement l'affaire de Bruxelles, en coordination avec les autorités nationales.

La présidente de la Commission européenne, qui aime à rappeler qu'elle est mère de sept enfants, s'est dite personnellement favorable à interdire les réseaux aux mineurs, au même titre qu'il est interdit de leur vendre de l'alcool ou des cigarettes.

Mais elle a assuré envisager toutes les options, qui vont d'une interdiction pure et simple, à des limitations graduées en fonction de l'âge, en passant par une approche alternative consistant à exiger des plateformes qu'elles soit sûres à dessein ("by design"), si elles veulent être accessibles aux mineurs.

- "Un moment crucial" -

Pour alimenter sa réflexion, Ursula von der Leyen a mis en place un comité présidé par l'épidémiologiste française Maria Melchior et l'universitaire allemand Jörg Fegert, expert en psychiatrie de l'enfant, qui lui remettront lundi une série de propositions.

Ursula von der Leyen a promis des annonces avant l'automne.

"Lorsqu'un quart de nos jeunes sont confrontés à des contenus problématiques en ligne - discours de haine, pressions liées à l'image corporelle, violences inattendues - c'est un signal clair qu'il est temps d'agir", avait-elle lancé à la fin des travaux du comité.

Alors, annoncera-t-elle une interdiction en septembre ? La Commission maintient le suspense.

"Nous étudions les possibilités pour protéger les mineurs en ligne", a souligné un porte-parole de l'exécutif européen, ajoutant qu'"il est possible et nécessaire d'en faire davantage" dans ce domaine.

Dans ce contexte, les recommandations des experts constitueront "un moment crucial", a affirmé vendredi une responsable de la Commission, qui attend des propositions "très complètes".

Par ailleurs, Bruxelles continue de mettre la pression sur les plateformes pour qu'elles prennent en compte le bien-être physique et mental des utilisateurs, dans le cadre de ses pouvoirs existants.

Elle a ainsi ordonné vendredi au groupe américain Meta de changer les interfaces d'Instagram et Facebook qu'elle juge beaucoup trop "addictives", sous peine d'une forte amende, comme elle l'avait également demandé à TikTok en début d'année.

A.Allen--PI