Israël va frapper la banlieue sud de Beyrouth, réunion du Conseil de sécurité de l'ONU
Israël a ordonné lundi à son armée de frapper la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien, intensifiant son offensive au Liban, dont le président a condamné "une agression féroce".
A la demande de la France, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence lundi, le président Emmanuel Macron estimant que "rien ne justifie l'escalade majeure en cours au Sud Liban".
Cette réunion survient alors que les Etats-Unis sont toujours en pleine négociation avec l'Iran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. Téhéran a réitéré lundi qu'un accord avec Washington était conditionnel à un cessez-le-feu au Liban.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a vu la prise de la forteresse Beaufort dans le sud du Liban, annoncée dimanche, comme un "tournant majeur" des opérations israéliennes, appelant les forces israéliennes à étendre leur "emprise sur les zones qui étaient sous le contrôle du Hezbollah".
Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien sont quasi-quotidiens malgré la trêve du 17 avril, qui n'a jamais été respectée.
L'armée israélienne a progressé ces derniers jours plus en profondeur dans le sud du Liban tout en poursuivant des frappes aériennes. De son côté, le Hezbollah continue ses attaques de drones contre les positions israéliennes, dans le sud du Liban et dans le nord d'Israël.
- "Tragique" -
"A la lumière des violations répétées du cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste Hezbollah et des attaques contre nos villes et nos citoyens, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et le ministre de la Défense, Israël Katz, ont ordonné à Tsahal (l'armée, NDLR) de frapper des cibles terroristes" dans la banlieue sud de Beyrouth, selon un communiqué officiel.
Le Hezbollah est fortement implanté dans la banlieue sud de la capitale, ainsi que dans le sud et dans l'est du pays.
L'armée israélienne a en outre ordonné lundi l'évacuation de neuf villages des régions de Saïda et de Jezzine, dans le sud.
Alors que son pays doit tenir de nouvelles discussions avec Israël mardi et mercredi à Washington, le président libanais, Joseph Aoun, a condamné les dernières opérations israéliennes, dénonçant une "agression féroce et condamnable".
La capture de la citadelle de Beaufort construite par les Croisés au XIIe siècle, site stratégique surplombant le sud du Liban et une partie du nord d'Israël, ouvre la voie à une progression de l'armée israélienne vers la région de Nabatiyé.
Cette conquête de Beaufort est "tragique" pour Zeinab Fakih, qui a fui la ville voisine de Nabatiyé. Et "il nous est désormais impossible de retourner chez nous, car la ville est en grande partie détruite", confie-t-elle à l'AFP, interrogée dans un abri pour déplacés à Saïda, la plus grande ville du sud.
Par ailleurs dimanche, une frappe israélienne sur la ville de Deir Zahrani, dans le district de Nabatiyé a fait huit morts, dont trois femmes, et 19 blessés, dont cinq enfants, selon le ministère libanais de la Santé.
Dans ce contexte, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est entretenu avec Joseph Aoun et Benjamin Netanyahu à propos des négociations entre les deux pays auxquelles s'oppose le Hezbollah.
"Afin de faire avancer ces pourparlers, les Etats-Unis ont proposé un plan clair: le Hezbollah doit mettre fin à toutes ses attaques contre Israël. En contrepartie, Israël s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", a déclaré un responsable américain dimanche soir sous le couvert de l'anonymat.
Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 3.412 personnes ont été tuées au Liban et plus d'un million déplacées, selon Beyrouth. Le bilan est de 26 morts dans les rangs de l'armée israélienne, après la mort d'un nouveau soldat lundi.
J.Collins--PI