Philadelphia Independent - Embourbé dans l'affaire Mandelson, Starmer face à la menace d'une enquête parlementaire

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Embourbé dans l'affaire Mandelson, Starmer face à la menace d'une enquête parlementaire
Embourbé dans l'affaire Mandelson, Starmer face à la menace d'une enquête parlementaire / Photo: - - PRU/AFP

Embourbé dans l'affaire Mandelson, Starmer face à la menace d'une enquête parlementaire

Les députés britanniques débattent mardi d'une motion pour savoir si le Premier ministre Keir Starmer doit être soumis à une enquête parlementaire au sujet de la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, qui fait scandale depuis des mois.

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Le dirigeant travailliste, arrivé au pouvoir en juillet 2024, ne parvient pas à éteindre cette polémique à rebondissements, née de sa décision de nommer Peter Mandelson, figure influente mais controversée du Labour, au poste d'ambassadeur aux Etats-Unis malgré ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Il est accusé par certains députés d'avoir menti à la représentation nationale lorsqu'il a assuré que la procédure avait été respectée lors de cette nomination, et il fait face à des appels à la démission de la part de l'opposition.

A la tribune de la chambre des Communes, la cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, qui fait partie des députés réclamant une enquête parlementaire, a d'abord attaqué Keir Starmer, arguant qu'il était "évident" que ses déclarations à la chambre sur la nomination de Peter Mandelson n'étaient "pas correctes".

Elle a aussi appelé les députés du Labour à ne pas agir "comme des moutons" et à approuver la motion.

Le débat doit se poursuivre une partie de l'après-midi et sera suivi d'un vote.

Il semble peu probable que la motion soit approuvée, le dirigeant travailliste disposant d'une très large majorité aux Communes (403 députés sur 650). Mais le nombre de députés qui pourraient éventuellement s'affranchir de la discipline du parti sera scruté.

Pour contrer cette éventualité, Keir Starmer a rallié ses troupes lundi soir lors d'une réunion avec les membres du groupe parlementaire du Labour, les appelant à "rester unis".

- Elections locales en vue -

L'affaire Mandelson avait rebondi mi-avril. Selon des informations révélées par le journal The Guardian le 16 avril, et confirmées depuis par le gouvernement, le ministère des Affaires étrangères a accordé en janvier 2025 une habilitation de sécurité à Peter Mandelson pour le poste d'ambassadeur malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents.

Le Premier ministre, qui avait annoncé en décembre 2024 son intention de le nommer, a assuré ne pas avoir été mis au courant de l'avis défavorable. Il a limogé le plus haut fonctionnaire du Foreign Office, Olly Robbins, pour ne pas l'en avoir informé.

Lors d'une nouvelle session d'explications devant la chambre des Communes quelques jours plus tard, il avait reconnu avoir fait une "erreur de jugement" en nommant Peter Mandelson comme ambassadeur --finalement limogé en septembre 2025--, mais démenti avoir dupé le Parlement.

Il a également nié les accusations selon lesquelles Downing Street aurait exercé des pressions sur le Foreign Office afin d'approuver cette nomination au plus vite, ce que soutient M. Robbins.

Il a accusé l'opposition de vouloir avec ce vote faire un "coup politique", neuf jours avant des élections locales. Le scrutin s'annonce très difficile pour le Labour, menacé à la fois par le parti anti-immigration Reform UK et, sur sa gauche, par les Verts.

Le dernier Premier ministre à avoir été soumis à une telle enquête parlementaire est le conservateur Boris Johnson lors du scandale du "Partygate", les fêtes organisées à Downing Street en pleine pandémie de Covid-19. Il avait démissionné en 2023 de son siège de député, juste avant la publication des conclusions accablantes de cette enquête.

Dans la matinée, l'ancien chef de cabinet de Keir Starmer, Morgan McSweeney, qui avait recommandé la nomination de Peter Mandelson et a depuis démissionné, a témoigné devant une commission parlementaire.

Il a assuré qu'il n'avait pas "demandé aux responsables (du Foreign Office, ndlr) de ne pas respecter les procédures, ni exigé que certaines étapes soient contournées" lors de cette nomination.

Keir Starmer avait limogé Peter Mandelson après une nouvelle série de révélations sur son amitié avec le pédocriminel américain Jeffrey Epstein, décédé en 2019.

La police britannique a depuis ouvert une enquête à l'encontre de Peter Mandelson, soupçonné d'avoir commis une faute dans l'exercice de ses fonctions. Il aurait transmis au financier américain, décédé en prison en 2019, des documents sensibles lorsqu'il était ministre de 2008 à 2010.

B.Lee--PI