Après la charge de Bardella, Mélenchon en meeting à Perpignan
Riposte attendue: Jean-Luc Mélenchon est à son tour en meeting dimanche à Perpignan pour soutenir le candidat LFI aux municipales, au lendemain de la violente diatribe de Jordan Bardella contre le leader Insoumis dans la cité catalane, l'accusant d'avoir installé un "climat de violence" dans le pays.
A 24 heures d'intervalle, RN et LFI s'affrontent ainsi dans la plus grande ville de France gérée par le Rassemblement national, où les Insoumis veulent faire de ce meeting une "riposte antifasciste", après avoir réuni 2.000 personnes à Lyon jeudi.
Plusieurs cadres de LFI, comme Manuel Bompard, Clémence Guetté et Paul Vannier, sont également attendus à Perpignan pour soutenir le candidat du parti au premier tour des municipales du 15 mars, Mickaël Idrac, dont la liste compte notamment le soutien des Ecologistes, face au maire sortant RN Louis Aliot.
Sous le feu des critiques depuis la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, le 14 février, Jean-Luc Mélenchon doit prendre la parole après Jordan Bardella qui a appelé samedi la gauche "dite modérée, si elle existe encore dans notre pays, à rompre définitivement avec LFI" et "à refuser toute alliance de second tour".
Très applaudi par le public, qui agitait de nombreux drapeaux bleu-blanc-rouge, le président du RN a présenté une nouvelle fois ses condoléances à la famille de Quentin Deranque, avant une nouvelle charge contre LFI devant plus de 3.000 personnes.
"A Lyon, dans les rues de France, l'extrême gauche a tué (...) non par accident, non par rixe qui aurait mal tourné, comme on a pu le lire dans certains journaux. Ce drame est le résultat d'un climat de violence méthodiquement construit et installé dans le pays par M. Mélenchon et par ses amis", a ajouté M. Bardella, avant de s'adresser au leader de LFI.
"Je le dis solennellement à Jean-Luc Mélenchon: on ne peut pas prétendre incarner la République et tolérer que prospèrent autour de soi un climat d'intimidation, de menaces et de violence", a-t-il ajouté.
Estimant que "la violence n'a pas sa place dans la République", M. Bardella a assuré qu'"avec nous, vous pouvez en être persuadé, elle ne l'aura jamais".
- "Rupture claire et définitive" -
Ces critiques du président du RN viennent s'ajouter à d'autres venant aussi bien de la droite que de la gauche.
Pour l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, les propos de Jean-Luc Mélenchon lors du meeting de jeudi à Lyon sur le nom du délinquant sexuel américain Jeffrey Epstein "relèvent de l'irresponsabilité politique".
"Les jeux de mots sur les noms de famille à consonance juive rappellent trop de mauvais souvenirs pour laisser les rieurs de votre côté", a-t-il pointé sur X.
De son côté, la présidente PS de la Région Occitanie, Carole Delga, a affirmé à La Tribune Dimanche que "les déclarations de Jean-Luc Mélenchon reprennent une nouvelle fois les références les plus classiques de l'antisémitisme et du complotisme".
Elle a aussi demandé "une fois de plus, à la direction du Parti socialiste une rupture claire et définitive avec La France insoumise".
Le candidat LFI à Perpignan dit pourtant attendre "sereinement" le meeting de dimanche, deux semaines avant le premier tour des municipales. Son combat électoral dans la ville catalane, où la gauche est divisée, s'annonce difficile.
Louis Aliot part grand favori, mais pourrait, en cas de réélection, être obligé de démissionner quelques mois plus tard si la justice le déclare inéligible dans le procès des assistants parlementaires du RN.
T.Thomas--PI