Ukraine: des frappes russes touchent une clinique à Kiev et font deux morts
Des frappes russes ont touché lundi une clinique à Kiev, entraînant une évacuation en pleine nuit et sous un froid polaire, et tué deux personnes dont un patient, à la veille d'une réunion des alliés de l'Ukraine visant à relancer les efforts diplomatiques pour régler le conflit.
Des alertes antiaériennes ont retenti au cours de la nuit sur tout le territoire ukrainien, visé par 165 drones selon le président Volodymyr Zelensky, qui a rapporté de nouvelles coupures d'électricité.
A Kiev, une clinique privée a été touchée, provoquant un incendie et faisant un mort et trois blessés, selon les services de secours qui ont diffusé des images montrant l'évacuation de patients sur des brancards.
Margaryta Maliovana, la directrice de la clinique, a témoigné auprès de l'AFP d'une "nuit terrible". Selon elle, 26 patients se trouvaient sur place au moment de l'impact et un homme de 30 ans a trouvé la mort.
"Il y a des blessés légers, mais ils ont été soignés à la clinique – quelques égratignures ici et là, quelques personnes étaient stressées", a-t-elle ajouté.
"Nous dormions, comme d'habitude. Et soudain, il y a eu une explosion. Nous nous sommes réveillés, sans comprendre (...) Puis nous avons vu de la fumée", a rapporté Vitaly Chliaïev, un retraité 81 ans qui habite à proximité.
Dans la périphérie de la capitale, les bombardements ont touché plusieurs habitations et infrastructures essentielles, tuant un homme dans la localité de Fastiv, a indiqué le gouverneur Mykola Kalachnyk sur Telegram.
Les frappes ont provoqué des coupures de courant, nécessitant le déclenchement de systèmes de secours pour maintenir l'approvisionnement en eau et chauffage, a précisé le responsable, alors que les températures nocturnes sont tombées à -8°C.
- Guerre ou diplomatie -
Ces attaques interviennent à la veille d'une réunion à Paris de pays soutenant Kiev pour tenter d'avancer en vue d'un règlement du conflit qui entrera bientôt dans sa cinquième année.
Pour préparer la rencontre, des conseillers à la sécurité de 15 pays, dont la France, l'Allemagne et le Canada, ainsi que des représentants de l'UE et de l'Otan, se sont réunis à Kiev samedi.
L'émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, a participé à distance aux discussions, consacrées aux détails de la dernière mouture du plan de sortie du conflit présenté par les Etats-Unis et négocié avec Kiev.
Une autre réunion, préparatoire, entre chefs d'état-major, est prévue lundi.
Cette série de discussions vise à "apporter une contribution supplémentaire à la défense (ukrainienne) et à accélérer la fin de la guerre", a déclaré dimanche soir le président Volodymyr Zelensky.
"L'Ukraine sera prête pour les deux voies possibles: la diplomatie, que nous recherchons, ou la poursuite d'une défense active si la pression exercée par nos partenaires sur la Russie s'avère insuffisante", a-t-il ajouté.
Le président russe Vladimir Poutine a lui aussi répété ces dernières semaines que Moscou atteindrait ses objectifs en Ukraine, soit par la voie des négociations, soit par celle des armes.
- Trump met en doute Moscou -
Le Kremlin a annoncé son intention de "durcir" sa position dans les pourparlers après avoir accusé l'Ukraine d'avoir voulu viser avec des drones une résidence de Vladimir Poutine, ce que Kiev dément.
Après s'être dans un premier temps dit choqué par l'annonce de cette attaque présumée, le président américain Donald Trump a finalement indiqué dimanche ne pas croire "que cette frappe ait eu lieu".
Face aux doutes exprimés par les Européens sur la véracité de l'attaque, Moscou avait diffusé une vidéo montrant des débris d'un drone, une carte montrant la trajectoire des engins et le témoignage d'un homme présenté comme un habitant d'un village situé près de cette résidence.
Sur le terrain, la Russie a poursuivi ses avancées lundi, revendiquant la capture de la localité de Grabovské dans la région de Soumy, dans le nord-est de l'Ukraine, où M. Poutine avait ordonné à ses troupes de conquérir une "zone tampon" à la frontière entre les deux pays.
L'armée russe a réalisé en Ukraine sa plus forte progression sur le front en 2025 depuis la première année de l'invasion, s'emparant de plus de 5.600 km2 de territoire ukrainien, selon l'analyse par l'AFP de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), qui travaille avec le Critical Threats Project (CTP), deux centres de réflexion américains spécialisés dans l'étude des conflits.
La Russie a indiqué pendant le week-end avoir abattu plusieurs centaines de drones ukrainiens, un nombre inhabituellement élevé, dont plusieurs autour de la capitale.
T.Thomas--PI