Philadelphia Independent - Le climat accélérateur des migrations en Asie du Sud, selon la cheffe de l'OIM

Pennsylvania -

DANS LES NOUVELLES

Le climat accélérateur des migrations en Asie du Sud, selon la cheffe de l'OIM
Le climat accélérateur des migrations en Asie du Sud, selon la cheffe de l'OIM / Photo: Abdel Majid BZIOUAT - AFP/Archives

Le climat accélérateur des migrations en Asie du Sud, selon la cheffe de l'OIM

Le changement climatique menace les conditions d'existence et accélère la migration de millions de personnes en Asie du Sud, mais la technologie et l'action des gouvernements peuvent limiter ce péril, estime une responsable de l'ONU.

Taille du texte:

La hausse du niveau des océans, les inondations et la sécheresse pèsent de plus en plus sur l'habitat et les activités agricoles, a dit vendredi à l'AFP Amy Pope, directrice générale de l'Organisation internationale pour les migrations de l'ONU (OIM).

Elle en veut pour preuve la catastrophe meurtrière du 26 août au Népal, où l'effondrement d'un glacier et d'une montagne a créé une vague qualifiée de "tsunami himalayen" qui a fait plus de 1.500 morts et 5.000 disparus.

Selon les estimations de l'IOM, le réchauffement de la planète pourrait pousser jusqu'à 40,5 millions d'habitants d'Asie du Sud à migrer d'ici 2050.

"Quand il n'est plus possible de produire à manger, de nourrir le bétail (...) la première solution pour les populations est de déménager", assure Mme Pope.

Ces mouvements accélérés par les conditions climatiques se font généralement vers les villes, comme c'est le cas en Inde. "Quand les gens veulent se protéger de la chaleur, ils fuient vers les centres urbains", ajoute la patronne de l'OIM.

Ces risques sont particulièrement aigus en Asie du Sud, où la surpopulation et les ressources limitées augmentent la précarité.

"L'urgence de la situation des communautés vulnérables est sous-estimée", estime Amy Pope. "Le coût des désastres humanitaires se chiffre en milliards (de dollars). Investir dans des mesures de résilience coûterait bien moins cher".

Des statistiques plus précises et l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) permettraient aussi aux autorités de mieux identifier les populations les plus exposées aux risques naturels, selon elle.

- "Ne pas attendre" -

"Avec les progrès des prévisions par l'IA, vous pouvez désormais mieux anticiper les migrations des communautés", insiste Mme Pope. "Si vous connaissez les plus exposées, pas la peine d'attendre qu'une catastrophe se produise pour agir".

Il serait ainsi possible de modifier les pratiques agricoles, former les populations à d'autres emplois ou reloger les communautés victimes régulièrement d'inondations ou de sécheresses.

Le financement de ces mesures constitue le principal frein à ces mesures, juge la cheffe de l'OIM, ajoutant que les pays peinent à se retrouver dans le maquis des systèmes de compensation du risque climatique.

L'Inde a fait d'importants investissements en matière d'alerte sur les risques naturels, mais Mme Pope ajoute qu'aucun État ne peut relever ces défis seuls.

Les migrations peuvent aussi offrir des solutions, en permettant aux déplacés d'occuper ailleurs des postes jusque-là vacants.

"Il y a des gouvernements partenaires qui reconnaissent les menaces pesant sur leur population mais qui utilisent aussi les migrations comme un outil de développement", se félicite la directrice générale de l'agence onusienne.

Mais la demande de main d'œuvre ne peut être satisfaite que via des filières légales et sûres, s'empresse-t-elle de préciser, afin d'éviter les trafics d'êtres humains.

Si le développement accéléré de l'IA menace les emplois de nombreux secteurs, d'autres continuent et continueront à reposer sur une forte main d'œuvre, poursuit la responsable onusienne.

"Si nous parvenons à marier cette capacité à la mobilité du marché du travail, de façon à ce que les travailleurs soient formés pour ces emplois au fur et à mesure où ils émergent, alors ils auront un avantage", juge, optimiste, Amy Pope.

A.Anderson--PI