Philadelphia Independent - Les lycéens de nouveau dans la rue, avec l'appui inattendu de Greta Thunberg

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Les lycéens de nouveau dans la rue, avec l'appui inattendu de Greta Thunberg
Les lycéens de nouveau dans la rue, avec l'appui inattendu de Greta Thunberg / Photo: Sameer AL-DOUMY - AFP

Les lycéens de nouveau dans la rue, avec l'appui inattendu de Greta Thunberg

Lycéens et étudiants ont repris les blocages mardi, avec l'appui inattendu de la militante suédoise Greta Thunberg, et commencé à défiler dans plusieurs villes, le gouvernement mettant en avant un "recul" du mouvement à l'approche des vacances scolaires.

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Les manifestations, à l'appel des organisations lycéennes et étudiantes auxquelles se sont joints des syndicats d'enseignants, ont débuté à Nantes, Lens, Lyon (11.000 personnes selon la préfecture), Strasbourg, Bordeaux ou encore Marseille (3.800 personnes selon la police) au cri de "La lutte, la lutte, jusqu'à la victoire".

Sans incident notable à ce stade, a précisé la police. Selon cette source, 360 actions étaient en cours, hors agglomération parisienne, avec une cinquantaine d'universités et plusieurs dizaines de lycées faisant l'objet de blocage. Entre autres villes impactées : Angoulême, Annecy, Mulhouse, Nancy...

"On se demande comment c'est possible que tout notre argent, il parte dans l'armée plutôt que dans l'éducation, dans le futur. Donc on attend des vraies réponses du gouvernement", résume Jonas, 17 ans, élève de terminale défilant à Bordeaux.

A Paris, où plusieurs lycées et universités ont été bloqués avant l'aube, des cortèges se formaient avant une manifestation à 14H00 de la place d'Italie aux Invalides. Un autre cortège, déclaré lui aussi, doit s'ébranler de l'Hôtel de Ville jusqu'à Port-Royal.

Des organisations lycéennes et étudiantes demandent depuis plusieurs jours à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

A l'appel de cet "acte V" du mouvement parti mi-septembre d'un lycée de Créteil pour s'étendre un peu partout en France, l'Union syndicale des lycéens exige toujours la suppression de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées.

- "Décrue" -

Dans la matinée, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg est venue apporter son appui aux manifestants devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), un des épicentres du mouvement.

"On nous vole notre avenir" et "les écoles ne reçoivent pas les investissements dont elles ont besoin", a-t-elle déclaré, keffieh sur les épaules, devant une centaine de jeunes. Mais "nous n'allons pas abandonner", a-t-elle poursuivi, se disant "fière des étudiants français".

A ses côtés, une vingtaine d'avocats venus organiser une "chaîne en robe pour protéger les lycéens" d'éventuelles violences policières.

A Rennes, la mobilisation a débuté avant l'aube devant le lycée Jean-Macé. Lily, élève de terminale, craint que la mobilisation ne "s'essouffle". Mais "le 17 octobre va raviver le mouvement", veut croire Albane, également en terminale.

Les manifestants espèrent faire la jonction avec la mobilisation "contre la vie chère", prévue samedi au premier jour des vacances de la Toussaint.

"La majorité des gens sont prêts à recommencer après les vacances", assure Simon, 16 ans, en première au lycée Saint-Charles de Marseille.

En milieu de journée, son ministère a indiqué que 94,2 % étaient "ouverts", avec "214 fermetures d'établissements scolaires, contre 224 le 8 octobre" et "800 mardi" 6 octobre, pic de la mobilisation.

Côté enseignement supérieur, 90 % des quelque 70 universités françaises étaient "bloquées" ou "fermées" ce mardi, selon l'organisation Union étudiante.

- "Intimidant" -

La mobilisation doit se faire "dans le calme, dans l'ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens", avait demandé lundi le président de la République Emmanuel Macron.

Le déploiement policier constaté devant le lycée Louis-de-Foix à Bayonne par une journaliste de l'AFP semblait témoigner de cette volonté de maintien de l'ordre. Lucia, 16 ans, et Stella, 15 ans, ont jugé ces moyens "disproportionnés" et ce déploiement de force "intimidant".

Au total, 147 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés depuis le début du mouvement, selon un dernier bilan du ministère de l'Education nationale, avec notamment 20 personnes blessées, dont cinq chefs d'établissement, pour la seule journée de lundi.

M. Geffray a promis que 3.000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.

Ces professeurs, "s'ils n'étaient pas déjà devant des élèves, pourquoi ? Et sinon, où est-ce qu'ils les trouvent?", s'interroge Abel, 16 ans, en première, interrogé alors qu'il défile à Nantes.

Dans le cortège lyonnais, Ema, 16 ans, en première au lycée Jean-Paul Sartre à Bron (Rhône) remet aussi en cause leur compétence : "En première, année du bac de français, la remplaçante de la prof de français est une prof d'histoire-géo !", s'insurge-t-elle.

M. Lecornu a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant "certaines propositions formulées" sur la plateforme de concertation lancée à l'adresse des lycéens.

En Ile-de-France, la facture des dégradations occasionnées par le mouvement "s'élève désormais à 8,5 millions d'euros", a précisé la Région dans un communiqué.

Démarré mi-septembre en région parisienne, le mouvement de grogne des lycéens s'est étendu partout en France pour demander plus de moyens et protester contre la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés ou des emplois du temps trop chargés.

A.Anderson--PI