Philadelphia Independent - Marchés: les Bourses mises en difficulté par les évolutions du pétrole et des taux

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Marchés: les Bourses mises en difficulté par les évolutions du pétrole et des taux
Marchés: les Bourses mises en difficulté par les évolutions du pétrole et des taux / Photo: CHARLY TRIBALLEAU - AFP

Marchés: les Bourses mises en difficulté par les évolutions du pétrole et des taux

La déprime a été de mise sur les marchés boursiers mondiaux lundi face au blocage diplomatique au Moyen-Orient, qui renchérit les prix du pétrole et le coût de la dette souveraine.

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"L'actualité des marchés reste très focalisée sur la remontée des cours du pétrole et la poursuite de la hausse des rendements obligataires", résume Louise Girard, analyste de marché pour XTB, jointe par l'AFP.

L'optimisme affiché en fin de semaine dernière quand à l'avancée des tractations diplomatiques vers un accord entre Washington et Téhéran "s'estompe", note Fiona Cincotta, de la plateforme Forex.com.

Le président américain Donald Trump a publiquement rejeté une offre iranienne visant à rouvrir le détroit d'Ormuz tout en disant s'attendre à une reprise rapide des négociations.

Aucune nouvelle session de discussions entre les deux pays n'a été annoncée mais le chef de la diplomatie iranienne doit rencontrer lundi le médiateur qatari à New York, a affirmé la télévision d'Etat Irib.

Dans ce contexte, le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 0,92% à 105,28 dollars et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a pris 0,21% à 92,60 dollars.

Les cours restent à l'écart de leurs plus hauts enregistrés plus tôt dans le conflit au Moyen-Orient.

Mais une décrue n'est pas à prévoir avant un moment, prévient Gregory Brew, d'Eurasia Group.

Il cite comme raison "le risque persistant d'attaques iraniennes ou houthies contre le transport maritime et les infrastructures régionales" ainsi que "la faible probabilité d'un accord susceptible d'apaiser les tensions régionales".

- Taux et budgets dans le viseur -

Pour les investisseurs, la certitude est que les hauts prix de l'énergie vont alimenter l'inflation. Ils demandent par conséquence plus cher pour prêter aux Etats afin de conserver leurs marges.

Sur le marché de la dette, vers 20H45 GMT, le rendement des bons du Trésor américain à échéance dix ans évoluait à environ 5,23%, contre 5,16% vendredi dernier, autour de niveaux inédits depuis 19 ans.

Le mouvement de hausse est aussi visible en Europe, où sont attendus dans les prochains jours plusieurs annonces sur les finances publiques

La France doit ainsi présenter son budget 2027 jeudi.

Les obligations françaises à dix ans affichaient un rendement de 4,77% (contre 4,69% lors de la séance précédente), creusant encore l'écart avec le "Bund" allemand, référence européenne (3,64%).

Les créanciers des Etats suivent également de près la préparation du premier budget du Premier ministre travailliste Andy Burnham au Royaume-Uni, dont les taux à dix ans sont montés à 5,42%.

- Les Bourses à la peine -

Les rendements obligataires élevés rendent les obligations plus attractives que les actions en offrant une rémunération plus élevée pour un risque généralement plus faible, tout en augmentant le coût du financement des entreprises et en réduisant la valeur actuelle de leurs bénéfices futurs.

Cela "pénalise notamment les valeurs de croissance et en particulier le secteur technologique", souligne Louise Girard.

Dans ces conditions, à Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,67%, le Nasdaq a lâché 0,92% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,77%.

"La prime géopolitique qui soutient les cours du pétrole fait craindre à Wall Street que la Fed (la banque centrale américaine, ndlr) ne resserre considérablement sa politique monétaire pour juguler l'inflation", note Jose Torres, de la plateforme Interactive Brokers.

La place new-yorkaise préfère un environnement monétaire plus souple, généralement plus favorable aux bénéfices des entreprises.

Les grandes Bourses européennes ont terminé en équilibre fragile (Paris +0,01%) ou en baisse: Londres (-0,10%), Francfort (-0,13%) et Milan (-0,21%).

D.Sanchez--PI