Philadelphia Independent - Périscolaire à Paris: Hidalgo et Grégoire, visés par la justice, s'expliquent devant le Sénat

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Périscolaire à Paris: Hidalgo et Grégoire, visés par la justice, s'expliquent devant le Sénat
Périscolaire à Paris: Hidalgo et Grégoire, visés par la justice, s'expliquent devant le Sénat / Photo: Ludovic MARIN - AFP/Archives

Périscolaire à Paris: Hidalgo et Grégoire, visés par la justice, s'expliquent devant le Sénat

L'heure des explications pour Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire: l'ex-maire socialiste de Paris et son successeur sont convoqués mardi et mercredi au Sénat qui enquête sur les violences sexuelles dans le périscolaire en France, alors que des investigations pénales visent les édiles parisiens.

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Le scandale aurait-il pu être évité ? "Nous voulons comprendre quels ont été les dysfonctionnements dans les procédures et comment y remédier. Ca n'est ni une commission d'enquête partisane, ni un tribunal", expose à l'AFP la sénatrice LR Agnès Evren, rapporteure de la mission d'information sur les violences dans le périscolaire.

"Aujourd'hui on voit bien qu'il y a des trous dans les mailles du filet et que toutes ces défaillances se répètent au niveau national", estime cette conseillère de Paris qui doit rendre ses recommandations à l'automne.

Ce mardi, les sénateurs de la commission de la Culture et de l'Education, qui ont déjà auditionné des collectifs de parents, des magistrats et les maires de plusieurs communes, interrogeront Anne Hidalgo, aux commandes de la capitale de 2014 à 2026, ainsi que Patrick Bloche, son premier adjoint de 2024 à 2026, également chargé des affaires scolaires.

Mercredi viendra le tour du nouveau maire PS Emmanuel Grégoire, adjoint à l'Hôtel de ville pendant dix ans dont six comme premier adjoint, avant de rejoindre l'Assemblée nationale en 2024.

Tous les trois sont visés par des investigations pénales ouvertes après plusieurs plaintes de familles qui accusent la Ville et ses responsables de non-assistance à personne en danger et non-dénonciation d'infraction sur des enfants, parfois âgés de deux à quatre ans.

En juin, deux signalements ont également été adressés à la justice, émis par une vingtaine d'élus parisiens de la droite et du centre, dont Rachida Dati, ainsi que par le groupe co-présidé par l'Insoumise Sophia Chikirou.

- "Inaction" -

Ces élus dénoncent "l'inaction" de la municipalité, alertée dès 2015 par un rapport de l'Inspection générale de la Ville dont les recommandations sont, selon eux, restées lettre morte.

Des accusations "totalement fausses", a balayé sur France Inter la semaine dernière l'ancienne maire, qui s'exprimait pour la première fois sur le sujet depuis son départ de l'Hôtel de ville en mars 2026.

"En tant que maire de Paris, savoir que malgré tous les process, tout ce qu'on a mis en place, tout ce qu'on a fait pour accompagner la parole des victimes, il y a eu des prédateurs qui sont passés entre les mailles d'un filet et (ont) agressé sexuellement des enfants, c'est une douleur", a affirmé Anne Hidalgo.

L'ex-édile socialiste n'a pas présenté d'excuses, contrairement à son successeur Emmanuel Grégoire qui a engagé en avril un plan à 20 millions d'euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire, "priorité absolue" de son début de mandat.

Depuis le début de l'année, 132 animateurs ont été suspendus par la Ville, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes.

Sur le volet pénal, plus de 200 enquêtes sont en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, visant des personnels de ces établissements.

"La difficulté c'est qu'il n'y a pas de recensement national des violences périscolaires. Quand il y a des remontées, on ne sait pas distinguer ce qui relève du scolaire ou du périscolaire", regrette Agnès Evren, qui souhaite "quantifier le phénomène au plan national".

La sénatrice pointe également un "fonctionnement en silo" entre l'Education nationale, la police, le parquet et les villes, qui "n'ont pas accès au fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ)".

Lundi, les sénateurs ont auditionné l'ancien ministre de l'Education Vincent Peillon qui a porté la réforme des rythmes scolaires en 2013, "déployée dans l'urgence, sans réfléchir à la question essentielle du recrutement et de la formation des animateurs", critique Agnès Evren.

L'ancien ministre de François Hollande a reconnu que le budget obtenu à l'époque était "ridicule", et regretté qu'il n'y ait pas eu de "filière" d'éducateurs.

Au Conseil de Paris, une mission d'information et d'évaluation (MIE) transpartisane sur le périscolaire a déjà entendu Emmanuel Grégoire la semaine dernière, et doit auditionner Anne Hidalgo le 9 octobre. Avant de rendre ses conclusions en décembre.

A.Anderson--PI