Wall Street repart en avant, peu impressionnée par l'inflation américaine
La Bourse de New York évolue en hausse vendredi, renversant la tendance des derniers jours grâce notamment au répit sur les prix de l'énergie, les investisseurs faisant aussi peu de cas d'un nouveau rapport sur l'inflation américaine.
Vers 14H15 GMT, le Dow Jones gagnait 0,96%, l'indice Nasdaq prenait 1,05% et l'indice élargi avançait de 0,94%.
Les cours du pétrole reculent de plus de 3%, une dynamique bienvenue pour les actions après plusieurs séances de flambée. Ils restent toutefois perchés à de hauts niveaux en raison de la relance des hostilités au Moyen-Orient.
Le diesel, carburant des tracteurs et camions aux États-Unis, a d'ailleurs battu un nouveau record et dépassé vendredi le seuil symbolique de six dollars le gallon (3,78 litres), selon les relevés de l'association automobile américaine.
Peu avant l'ouverture, les investisseurs ont pris connaissance de l'indice des prix à la consommation (CPI) du mois d'août.
Celui-ci a progressé de 3,4% sur un an en août, le même rythme - élevé - qu'en juillet. D'un mois sur l'autre, l'inflation a même accéléré à 0,4% (contre 0,1% en juillet).
Ce rapport "est insuffisant pour convaincre" la banque centrale américaine (Fed) "de renoncer à une hausse des taux de 25 points de base le 16 septembre" lors de sa prochaine réunion, juge Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
D'autant qu'il a comptabilisé les prix en août, avant la réescalade au Moyen-Orient.
Les investisseurs parient désormais à plus de 85% sur un resserrement monétaire, selon l'outil de veille CME FedWatch. Ils étaient autour de 70% la veille.
Selon M. O'Hare, "on peut considérer que le marché a déjà intégré la probabilité d'une hausse des taux", ce qui explique que les actions poursuivent leur progression malgré la perspective de conditions financières plus restrictives.
L'indice d'inflation PPI publié la veille avait d'ailleurs mis en exergue une hausse des prix du côté des entreprises et secoué le marché obligataire par la même occasion.
Vers 14H15 GMT vendredi, le taux d'intérêt de la dette publique des Etats-Unis à échéance dix ans évoluait à 4,93% contre 4,96% à la clôture jeudi.
Pour Steve Sosnick, analyste de la plateforme Interactive Brokers interrogé par l'AFP, la bonne forme des actions malgré la perspective de coûts d'emprunt élevés et les hauts prix de l'énergie montre que Wall Street "ne se soucie de rien d'autre que d'elle-même".
Les indices new-yorkais effacent d'ailleurs vendredi une grande partie des pertes essuyées depuis le début de la semaine.
Ce rebond est en partie alimenté par le secteur technologique dont les grands noms s'affichent en hausse, à l'instar de Nvidia (+1,33%), Alphabet (+1,93%) ou Apple (+1,85%).
Le spécialiste de l'informatique Oracle gagnait 2,11% à 156,16 dollars après avoir surpassé les attentes pour le premier trimestre de son exercice décalé aussi bien au niveau de son bénéfice net par action, ressorti à 1,92 dollar, que pour son chiffre d'affaires, de 19,14 milliards de dollars.
Son partenaire Dell s'envolait lui de 10,99%.
L'éditeur de logiciels Adobe cédait en revanche 0,67% à 247,15 dollars en raison de prévisions tout juste conformes aux attentes pour le trimestre en cours. Son cours a perdu près de 30% depuis le début de l'année face aux inquiétudes liées à la concurrence toujours plus vives de l'intelligence artificielle (IA).
S.Scott--PI