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L'affaire Jubillar: des indices aux aveux
L'affaire Jubillar: des indices aux aveux / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

L'affaire Jubillar: des indices aux aveux

Lunettes cassées, dispute devant un arbre de Noël, cris sur fond d'aboiements: Cédric Jubillar, condamné en octobre dernier pour le meurtre de son épouse Delphine, n'avait laissé qu'un faisceau d'indices. La confession du crime, dans un courrier à son avocat, constitue un revirement dans sa défense, avant un jugement en appel prévu en septembre prochain.

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Le peintre-plaquiste, qui a reconnu le crime auprès de son avocat, s'est dit prêt à donner des indications sur l'endroit où il a dissimulé le corps.

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, Delphine née Aussaguel avait disparu mystérieusement du domicile du couple en instance de divorce, à Cagnac-les-Mines.

Voici une chronologie de l'affaire:

- Des lunettes cassées -

+ La seule paire que Delphine portait, déjà abîmée, a été retrouvée en trois morceaux (la monture, un verre seul et une branche) sur le bar de la cuisine, la seconde branche a été découverte derrière le canapé. Selon une double expertise, les dommages causés ont pu être provoqués par un poing d'adulte.

+ "Cela faisait un moment qu'elles étaient comme ça", a affirmé Cédric Jubillar.

- Dispute nocturne -

+ Le fils Jubillar, alors âgé de 6 ans, a raconté s'être levé ce soir-là en entendant une dispute et avoir vu, à travers la porte entrouverte, ses parents se bousculant entre le canapé et le sapin de Noël.

+ "Il se trompe de soir, je sais qu'il y a eu des disputes, mais il confond la soirée", a assuré l'accusé, niant s'être "relevé" cette nuit-là.

- Des cris dans la nuit -

+ Deux voisines résidant à 150 mètres ont dit avoir entendu des cris de femme et des aboiements vers 23H00.

+ "Elles ont peut-être entendu des cris et des chiens, mais je ne crois pas que ça venait de chez moi", a affirmé l'accusé.

- Stationnement inhabituel -

+ Selon plusieurs témoins, Delphine garait toujours sa Peugeot 207 dans le sens de la montée du chemin, un voisin et une amie affirmant que c'est ainsi qu'elle l'avait garée le 15 décembre. Or les gendarmes ont trouvé le véhicule capot vers le bas, le matin, suggérant qu'il a pu être utilisé dans la nuit pour déplacer le corps.

+ "Je m'en rappelle très bien, je peux vous assurer qu'il était garé dans le sens de la descente" dès la veille, a lâché le peintre-plaquiste, après avoir déclaré, pendant l'enquête, ne pas savoir "dans quel sens" était garée la 207.

- Les chiens dehors -

+ Cédric a déclaré que Delphine avait promené les chiens vers 23H00 ou minuit, comme elle le faisait tous les soirs. Sinon pourquoi aurait-il retrouvé les chiens dehors le matin, comme il l'affirme.

+ Plusieurs témoins indiquent qu'elle ne les sortait jamais la nuit car elle avait peur du noir. La lampe torche de son téléphone n'a pas été activée et la lampe frontale était restée dans la cuisine.

- Téléphones portables -

+ Le téléphone de Delphine a toujours borné dans les environs du domicile familial jusqu'à son extinction au matin, après plus de 150 appels passés par Cédric. Il n'a jamais été retrouvé.

+ Contrairement à son habitude, celui de Cédric a été éteint volontairement en soirée, selon les experts, alors qu'il restait 40% de batterie. "Je n'éteignais jamais mon téléphone de moi-même", a-t-il dit.

- Des menaces avant la disparition -

+ En novembre 2020, Cédric a déclaré à sa mère: "J'en ai marre (de Delphine), je vais la tuer, je vais l'enterrer, personne ne la retrouvera", des propos lancés sur le coup de la "colère", a admis l'accusé, sans reconnaître avoir prononcé la fin de la phrase.

+ Auprès d'une amie de Delphine, il aurait déclaré: "Si Delphine me quitte un jour ou si elle trouve quelqu'un, je serais capable de la tuer, je la tuerai". Il dément avoir parlé à cette femme qu'il connaissait à peine.

+ Il admet avoir dit à l'un de ses amis: "Je vais la tuer", une expression qu'il "utilise fréquemment", "comme des gros mots".

- Des confessions en prison -

+ À sa compagne et à un codétenu, il reconnaît avoir déclaré, après la disparition, avoir enterré Delphine "près d'une ferme qui a brûlé". "Des blagues", selon lui. Les fouilles n'ont rien donné.

+ À la petite amie suivante, il aurait déclaré avoir "étranglé" sa femme et mimé une "clé de coude" au parloir. "Elle invente complètement", a-t-il réagi après le témoignage de la jeune femme.

- Des aveux de culpabilité après sa condamnation -

Condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025 par la cour d'assises du Tarn, et quelques mois avant son procès en appel en septembre, il confesse finalement le crime dans un courrier à son avocat et se dit prêt à révéler l'endroit où il a dissimulé le corps.

"Il m'a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité", annonce Me Pierre Debuisson au quotidien régional la Dépêche du Midi en juillet.

A.Allen--PI