Moyen-Orient: les marchés boursiers veulent croire à la paix
Les marchés boursiers mondiaux semblent vouloir croire mardi à la paix et au retour à la normale dans le détroit d'Ormuz, même si les doutes subsistent sur la reprise des pourparlers Iran/Etats-Unis.
A 10H30 GMT, les Bourses de Paris (+0,29%) et de Londres (+0,14%) avançaient prudemment tandis que Francfort (+0,69%) et Milan (+0,45%) progressaient plus franchement, sur fond de recul des prix du pétrole.
Peu après 10H30 GMT, le Brent, référence du brut en Europe, reculait (-0,91%) à 94,61 dollars le baril. La baisse était plus forte pour le WTI américain (-1,39%, à 88,36 dollars le baril).
"À l’approche rapide de l’échéance du cessez-le-feu, le marché pétrolier reste stable, prêt à reprendre potentiellement sa hausse au moindre signe de nouvelle escalade majeure. Pour moi, le vrai seuil de réescalade se situe autour de 100 dollars sur le Brent", prévient Fawad Razaqzada, analyste de marché chez FOREX.com.
En attendant, les marchés attendent la confirmation officielle de la reprise au Pakistan de pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran, à l'approche de l'expiration de la trêve.
Entrée en vigueur le 8 avril, dans une guerre qui a fait des milliers de morts et ébranle l'économie mondiale, la trêve doit se conclure "mercredi soir, heure américaine", a affirmé Donald Trump. L'échéance était initialement prévue dans la nuit de mardi à mercredi, heure de Téhéran.
Dans ce contexte, New York semblait vouloir aussi reprendre la tendance haussière qui a conduit le Nasdaq et le S&P 500 vers des niveaux-records.
Ces deux incices progressaient (+0,43% pour le Nasdaq et +0,36% pour le S&P 500) tout comme le Dow Jones (+0,58%) sur le marché des contrats à terme à 11H00 GMT.
"Cette résistance des Bourses s'explique par plusieurs facteurs", selon Christopher Dembik, de la banque privée Pictet.
"Abondance de la liquidité, résultats trimestriels loin d'être mauvais y compris dans les secteurs plus vulnérables à la crise, conviction que l'inflation sera temporaire et que les banques centrales ne vont pas surréagir, lassitude des investisseurs concernant les soubresauts de la guerre en Iran, etc.", énumère-t-il.
La tech à l'heure d'un changement de pouvoir chez Apple
"Les valeurs technologiques apportent une ambiance positive et pleine d'espoir sur les marchés boursiers. En revanche, l'appétit pour les entreprises de l'+ancienne économie+ diminue en raison de la situation toujours incertaine au Moyen-Orient", ajoute Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.
Sur ce marché des valeurs technologiques, l'attention se porte sur l'annonce du départ en septembre du directeur d'Apple Tim Cook, remplacé par un cadre-maison, John Ternus.
"Les actions (d'Apple) n’ont chuté que d’un demi‑pourcent dans les échanges hors séance, ce qui suggère que les investisseurs ne sont pas excessivement inquiets de la transition", souligne Neil Wilson de Saxo Market.
"L’action Amazon a bondi d’environ 3 % dans les échanges avant l’ouverture, après l’annonce par l’entreprise qu’elle allait investir jusqu’à 25 milliards de dollars dans la start‑up d’IA Anthropic – la société à l’origine de Claude, Mythos", ajoute-t-il.
Le marché des taux obligataires à l'écoute de la FED
Sur le marché de la dette souveraine, les yeux seront tournés à 14H00 GMT vers l'audition par le Sénat américain de Kevin Warsh, le candidat qui a les faveurs du président Donald Trump pour remplacer Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed).
"Warsh a soutenu que les gains de productivité liés à l'IA pourraient contribuer à compenser l'inflation, permettant potentiellement à la Fed de réduire les taux malgré une poussée temporaire des prix liée à l'énergie", analyse Ipek Ozkardeskaya, pour Swissquote.
"S'il maintient cette position, les rendements à court terme pourraient se détendre davantage, soutenant ainsi les actions", ajoute l'analyste.
En attendant, le taux des bons du Trésor américain à 10 ans affichaient un rendement de 4,25%.
En Europe, la référence, le "Bund" allemand à dix ans promettait un rendement de 2,97%, en recul par rapport à la veille (2,98%). Le taux français reculait légèrement à 3,60%, contre 3,61% la veille.
"Les craintes inflationnistes liées à la hausse de l'énergie persistent et pourraient limiter les marges de manœuvre des banques centrales", souligne le gestionnaire de fonds Aurel BGC.
S.Taylor--PI