Aux Etats-Unis, une inflation qui cesse d'accélérer mais reste élevée
Le rythme de l'inflation s'est calmé en fin d'année 2025 aux Etats-Unis mais les Américains digèrent mal l'augmentation continue des prix de l'alimentation et de l'électricité.
Selon les données officielles publiées mardi, l'indice des prix à la consommation (CPI) a progressé en décembre de 2,7% sur un an, un rythme stable par rapport à novembre.
Cela représente une atténuation par rapport au niveau de décembre 2024 (2,9%), avant le retour au pouvoir de Donald Trump. L'évolution n'a toutefois pas été linéaire au cours de l'année.
En net ralentissement jusqu'en avril (2,3%), l'indice CPI est ensuite reparti à la hausse après que le président eut annoncé une vague de nouveaux droits de douane sur les produits entrant dans le pays.
Pour les personnes résidant aux Etats-Unis, la hausse continue de la facture des dépenses courantes continue d'être douloureuse. Ainsi, l'alimentation a augmenté de 3,1% sur un an.
Encore plus spectaculaire, le prix du gaz a augmenté de 10,8% sur la période et l'électricité de 6,7%.
Le gouvernement Trump met, au contraire, systématiquement en avant la baisse des prix à la pompe (-3,4%).
Et mardi, dans son premier commentaire après la publication de l'indice, Donald Trump a estimé que les chiffres étaient "excellents" et même "FAIBLES", sur sa plateforme Truth Social.
Il a une nouvelle fois appelé le président de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), Jerome Powell, à baisser les taux d'intérêt. Comme si la procédure lancée par son ministère de la Justice à l'encontre de M. Powell ne venait pas de déclencher une levée de boucliers dans les milieux économiques et politiques pour défendre l'indépendance de la Fed sommée de se plier aux volontés présidentielles.
- "Biais" statistique -
Les chiffres du CPI pour novembre avaient surpris car ils marquaient une nette décélération.
Banquiers centraux et économistes avaient rapidement émis des bémols, estimant que les données avaient été en partie faussées par la longue paralysie budgétaire aux Etats-Unis ("shutdown"), qui a suspendu la collecte des informations par les services statistiques officiels du 1er octobre au 12 novembre.
Pour Gregory Daco, du cabinet EY, ces chiffres vont continuer "jusqu'en avril" à comporter un "biais" de nature à minorer l'ampleur réelle de l'inflation.
"Les distorsions causées par le shutdown ont rendu les données plus difficiles à interpréter", relève aussi Michael Pearce, d'Oxford Economics, pour qui l'inflation semble toutefois avoir atteint un sommet duquel elle devrait progressivement descendre.
Le gouvernement Trump défend ses droits de douane affirmant qu'ils n'ont pas eu d'impact sur le niveau des prix.
Dans un discours lundi soir, le président de la Fed de New York, John Williams, a maintenu l'inverse: "les droits de douane ont déjà entraîné une hausse significative des prix des produits importés aux États-Unis, même si l'intégralité de leur impact ne s'est probablement pas encore fait sentir."
Il a aussi considéré que le surcoût lié à ces droits de douane avait été "principalement supporté par les entreprises nationales et les consommateurs, plutôt que par les producteurs étrangers".
D.Lopez--PI