Philadelphia Independent - Après les échecs de jeunesse, les pendentifs IA sont de retour, pour conquérir l'après-smartphone

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Après les échecs de jeunesse, les pendentifs IA sont de retour, pour conquérir l'après-smartphone
Après les échecs de jeunesse, les pendentifs IA sont de retour, pour conquérir l'après-smartphone / Photo: Caroline Brehman - AFP

Après les échecs de jeunesse, les pendentifs IA sont de retour, pour conquérir l'après-smartphone

L'IA embarquée dans un pendentif ou une broche, micros et caméras ouverts en permanence, revient en force après de premiers échecs tonitruants, s'ajoutant au pari des bagues, montres ou lunettes connectées de dessiner l'après-smartphone, un peu plus libéré des écrans.

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A Las Vegas, le CES, premier salon mondial de la tech a confirmé le retour en grâce de ces objets connectés, moins de deux ans à peine après l'échec cinglant d'un des précurseurs, la broche IA de Humane.

Lenovo, le numéro 1 des ordinateurs personnels, a ainsi dévoilé mardi un prototype de pendentif de sa filiale Motorola. Destiné à piloter à la voix Qira, son assistant IA, sans avoir à consulter ou toucher un écran, l'objet captera le son et l'image de l'environnement depuis la poitrine, les mains libres.

Cette annonce remarquée, tout comme l'omniprésence au salon de prototypes de lunettes connectées - qui filment, écoutent et répondent à la voix - se heurtera-t-elle de nouveau à un mur sociétal? "Va te faire des vrais amis!", "Capitalisme de surveillance", lisait-on cet automne sur les graffitis qui ont recouvert la campagne de publicité massive de Friend, un pendentif IA, dans le métro new-yorkais.

L'industrie semble optimiste, vu les progrès technologiques accomplis là où les pionniers ont aussi échoué pour leurs bugs, leur surchauffe et leur faible autonomie: l'IA vocale a connu un bond de fluidité en deux ans, désormais capable de tenir une conversation quasi-naturellement, tandis que les puces peuvent traiter les données sur l'objet sans dépendre de la connexion.

Au-delà des start-up, d'autres géants que Lenovo ont embrassé la tendance. Amazon a racheté l'été dernier la start-up Bee. Quant à Meta, il a racheté le spécialiste Limitless en décembre et ne cesse d'ajouter des fonctions d'assistant IA à ses lunettes connectées qui dominent le marché.

En arrière-plan, nul n'ignore le projet d'OpenAI de sortir d'ici 2027 son propre objet connecté, conçu autour de ChatGPT, l'assistant IA le plus utilisé au monde.

- Moins d'écran -

Chacun explore toutefois des pistes différentes: le boîtier de Bee se porte au poignet, à la ceinture ou sur un revers de vêtement, et se comporte avant tout comme un assistant de productivité (notes, rappels, agenda...).

La start-up Vocci, qui se concentre sur la prise de notes assistée par IA, a parié sur une bague. Plaud vise lui un usage professionnel ponctué de réunions, avec un boîtier rectangulaire à peine plus épais qu'une carte bancaire.

D'autres, comme la start-up chinoise iBuddi, sont venus à Las Vegas présenter un prototype de médaillon-compagnon, affichant l'ambition de lutter contre la "fatigue des écrans".

"Notre philosophie est de construire un compagnon IA porté sur le corps qui remplace une partie des interactions téléphoniques, plutôt que d'ajouter un autre écran qui absorbe l'attention", explique à l'AFP Yin Haitian, fondateur de iBuddi.

L'entrepreneur, qui vise un lancement commercial en juillet, l'assure: "iBuddi n'est pas guidé par la surveillance, il réagit aux moments qui comptent au lieu d'enregistrer tout en continu".

Le Looki L1, en revanche, capte en continu le point de vue du porteur, promettant de vous conseiller d'éviter un troisième café, de commenter les lieux ou les objets qui vous entourent, de résumer votre journée en bande dessinée.

"Les attentes des consommateurs en matière de vie privée n'ont pas disparu mais elles évoluent", note l'analyste Avi Greengart, du cabinet Techsponential, car "nous sommes déjà surveillés par des milliards de smartphones, des réseaux de caméras urbaines et des objets connectés volontairement rentrés dans nos maisons"

Ces objets vont-ils signer le déclin du smartphone? Pour Yin Haitian, le principal frein à leur adoption n'est "ni la batterie ni la vie privée", mais l'absence pour l'heure d'un "changement de comportement décisif".

"Ces objets portables ne remplaceront pas votre smartphone dans un avenir prévisible. C'est trop utile d'avoir un écran de verre tactile de 15 cm", tranche Avi Greengart, prédisant plutôt une longue période de cohabitation.

Et si l'omniprésence de microphones vous inquiète, une autre start-up présente à Las Vegas a tout prévu: vous vendre Wearphone, un épais masque noir, grand comme un masque chirurgical, offrant la promesse de préserver la confidentialité de vos propos, qu'ils soient adressés à un correspondant téléphonique... ou à votre assistant IA.

K.Thompson--PI