De puissantes vagues font des dégâts en Californie, avant l'arrivée d'une tempête
Maisons en front de mer endommagées, rues inondées : de puissantes vagues ont causé des dégâts dans le sud de la Californie vendredi, à la veille d'un week-end où une rare tempête tropicale menace la côte.
L'ouragan Rachel né dans le Pacifique a été rétrogradé au rang de tempête et devrait toucher terre dimanche matin près de la frontière entre la Californie et le Mexique, selon les services météorologiques américains (NWS).
Le phénomène apporte avec lui des vents violents de 75 kilomètres par heure - avec des rafales plus fortes - et de fortes pluies, susceptibles de provoquer de nouvelles destructions et submersions côtières.
La tempête est précédée par une forte houle, qui est renforcée par de grandes marées. Cela a provoqué des dégâts dans plusieurs communes côtières, notamment celle de Long Beach, où des portions du front de mer se sont effondrées et plusieurs habitations ont été gravement endommagées.
La montée de la mer risque de provoquer de nouvelles inondations au cours du week-end dans des villes comme Long Beach et Malibu, avertit le NWS.
Le risque de submersion devrait être le plus élevé dimanche matin, a expliqué à l'AFP Carol Ciliberti, une météorologue du NWS.
L'alerte concernant la tempête tropicale couvre l'ensemble du comté de San Diego, proche du Mexique. C'est seulement la deuxième fois qu'une telle alerte est émise dans l'histoire de la Californie.
En début de semaine, les autorités locales ont distribué des sacs de sable aux habitants des communautés vulnérables.
- El Niño historique -
Cette tempête tropicale déferle sur la Californie au moment où le Pacifique subit un El Niño particulièrement fort.
Déclaré en juin, l'épisode actuel de ce phénomène naturel qui réchauffe de manière chronique les eaux du Pacifique équatorial pourrait bientôt devenir le plus intense jamais enregistré, amplifiant les effets du changement climatique d'origine humaine.
Surnommé "l'enfant terrible du Pacifique", ce phénomène se produit tous les deux à sept ans. Les eaux de surface plus chaudes dans le Pacifique équatorial provoquent alors des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale.
Au large de la Californie, le phénomène permet notamment aux ouragans et tempêtes de se développer avec plus de force.
Outre ce puissant El Niño, la Californie est aussi actuellement touchée par une "onde de Kelvin", un phénomène qui fait grimper le niveau de la mer d'une trentaine de centimètres et facilite donc les inondations et les dégâts lors de fortes houles.
Il s'agit d'une vague, ni surfable ni visible à l'œil nu, qui est en fait une masse d'eau chaude agissant telles des pulsations sous la surface de l'océan, et qui déferle sur plusieurs milliers de kilomètres le long des côtes.
"Tous ces facteurs se combinent en quelque sorte en même temps, et la plupart d'entre eux sont bien sûr influencés par le changement climatique lié aux énergies fossiles", a déclaré à l'AFP Marc Alessi, climatologue à l'Union of Concerned Scientists.
"Dans l'ensemble, c'est une situation très dangereuse pour la côte ouest", a-t-il ajouté.
E.Adams--PI