Nigeria: 37 mineurs présumés illégaux meurent en détention
Le gouvernement de l'Etat du Niger, situé dans le centre du Nigeria, a annoncé que 37 personnes soupçonnées d'être des mineurs illégaux étaient mortes tôt jeudi matin alors qu'elles étaient détenues par la Défense civile de cet Etat.
"Ce matin, nous avons appris à notre réveil qu'environ 37 personnes étaient décédées alors qu'elles étaient détenues par la Défense civile ici, à Minna", a déclaré le gouverneur de l'Etat du Niger, Mohammed Umaru Bago, lors d'une conférence de presse organisée dans la capitale de l'Etat.
"C'est tellement triste, c'est tellement tragique", a-t-il ajouté en annonçant la mise en place d'une commission d'enquête sur ces décès qui, selon un rapport de renseignement consulté par l'AFP, seraient dus "à la surpopulation et à une ventilation insuffisante au sein d'un centre de détention".
La police avait précédemment annoncé l'ouverture d'une enquête sur la mort de "dizaines" de ces mineurs présumés illégaux pendant leur détention dans des locaux du Corps de sécurité et de défense civile du Nigeria (NSCDC).
La Défense civile épaule la police pour assurer la sécurité, protéger les actifs nationaux sensibles et les infrastructures.
Le gouverneur a décrété trois jours de deuil et reporté le début de la campagne électorale en vue des élections - présidentielle, législatives et sénatoriales - prévues en janvier.
L'Etat du Niger, grand comme plus de deux fois la Belgique, est riche en ressources minérales et attire des milliers de mineurs artisanaux qui extraient majoritairement de l'or.
- Manifestations -
La Défense civile avait déclaré avoir appréhendé "des dizaines de mineurs présumés illégaux" mardi et mercredi. "Dans la nuit du 17 septembre 2026, des dizaines de suspects détenus ont été retrouvés morts, à la suite d'une suspicion de flambée de maladie", avait-elle ajouté.
Une vidéo de 40 secondes mise en ligne montre les corps de dizaines de jeunes hommes gisant au sol en extérieur, semblant pour la plupart être des adolescents. Des volontaires dotés de gants les examinent et des femmes cherchent parmi eux des proches, alors que peuvent être entendues des voix lançant des accusations contre les responsables.
Ces morts ont déclenché des manifestations de "groupes de mineurs et de sympathisants" dans la capitale régionale, Minna, où des voitures ont notamment été saccagées, selon la même source.
La lutte pour les bénéfices de l'extraction illégale de l'or alimente aussi la violence de gangs criminels dans l'Etat du Niger, selon des responsables locaux et des experts.
Les gangs rackettent les mineurs et exigent une part de l'or extrait pour les laisser accéder aux sites d'extraction.
La majeure partie de l'or illégalement extrait est transférée aux Emirats arabes unis, et introduite sur le marché mondial de l'or en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et en Afrique du Sud, selon un rapport de 2024 de l'ONG SwissAid.
Le sol de l'Etat du Niger est également riche notamment en cuivre et en lithium, une ressource qui fait l'objet d'une forte demande pour le développement des véhicules électriques et de l'énergie propre.
B.Roberts--PI