Royaume-Uni: des documents révèlent les critiques de l'ex-ambassadeur Mandelson à l'égard de Keir Starmer
L'ex-ambassadeur britannique aux Etats-Unis Peter Mandelson, source d'embarras depuis des mois pour le Premier ministre Keir Starmer, se montrait particulièrement critique à l'égard de ce dernier et de son gouvernement, selon des documents publiés lundi.
Le chef de l'exécutif, qui lutte désormais pour son maintien à Downing Street, a été fragilisé par sa décision fin 2024 de nommer à Washington cette ex-figure du Labour malgré ses liens connus avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, avant de le limoger en septembre 2025.
Face à la polémique, le Parlement a exigé que l'exécutif dévoile les documents liés à cette nomination et à la révocation de l'ancien ministre travailliste.
En mars, une première tranche a révélé que le Premier ministre avait été prévenu du "risque réputationnel" posé par les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein.
La nouvelle série publiée lundi contient des milliers de documents, courriels et messages Whatsapp, expurgés de certains éléments jugés sensibles, échangés entre M. Mandelson et des membres du gouvernement notamment.
Dans un message adressé le 2 mai 2025 à Pat McFadden, alors chargé de superviser la politique du cabinet, équipe regroupant les principaux ministres du gouvernement de Keir Starmer, il écrit que "Keir manque de verve, tout comme l'ensemble du cabinet".
"Le gouvernement ne donne pas l'impression de se battre pour redresser et changer le Royaume-Uni. C'est ce que j'entends par panache, par verve", juge-t-il encore le lendemain.
En juillet suivant, il estime que Downing Street est "en difficulté" et "a besoin d'une refonte complète".
Dans une note manuscrite adressée en novembre 2024 à David Lammy, alors ministre des Affaires étrangères, Peter Mandelson lui assurait qu'il "ne regretterait jamais" de le nommer ambassadeur aux Etats-Unis.
Il n'est finalement resté en poste que sept mois, et Keir Starmer s'est plusieurs fois excusé de l'avoir nommé. Le Premier ministre s'est toutefois défendu en accusant Peter Mandelson de lui avoir menti sur sa proximité avec Jeffrey Epstein, décédé en 2019.
Il a aussi assuré ne pas avoir été informé que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à M. Mandelson pour ce poste malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents.
Certains documents relatifs à la nomination de Peter Mandelson n'ont pas été publiés, à la demande de la police, selon le gouvernement.
Celle-ci a ouvert une enquête à l'encontre de M. Mandelson, soupçonné d'avoir commis une faute dans l'exercice de ses fonctions. Il aurait transmis à Jeffrey Epstein des documents sensibles lorsqu'il était ministre de 2008 à 2010.
L'affaire Mandelson empoisonne depuis des mois Keir Starmer, qui a rejeté les appels à la démission, y compris venant de son camp. La lourde défaite du Labour lors d'élections locales début mai a rendu sa position encore plus précaire et des manœuvres sont en cours pour l'évincer de Downing Street.
Un de ses principaux rivaux, le maire du Grand Manchester Andy Burnham, va tenter de se faire élire au Parlement lors d'une législative partielle le 18 juin, première étape indispensable pour lancer une élection interne au Labour visant à succéder à Keir Starmer.
J.Collins--PI