Définitivement condamné pour corruption de mineurs, Morandini reste sur CNews
La Cour de cassation a rendu définitive mercredi la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs mais l'animateur va malgré cela rester à l'antenne de sa chaîne CNews et envisage de saisir la justice européenne.
"Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice et il reste à l'antenne sur CNews", dès jeudi à 10h30 pour son émission quotidienne Morandini Live, a indiqué la chaîne dans une déclaration transmise à l'AFP.
"Considérant comme particulièrement injuste le rejet de son recours par la Cour de Cassation et rappelant qu'il n'y a jamais eu le moindre geste déplacé, ni même à fortiori la moindre agression dans ce dossier, Jean-Marc Morandini et ses conseils étudient désormais la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme", a pour sa part annoncé l'animateur dans un communiqué distinct transmis à l'AFP.
La Cour de cassation a rendu définitive mercredi sa condamnation pour corruption de mineurs pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, en n'admettant pas son pourvoi.
- "Traumatisé" -
L'animateur de télévision de 60 ans avait été condamné le 21 mars 2025 à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende par la cour d'appel de Paris.
Celle-ci a en outre prononcé contre lui une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs et confirmé son inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.
En première instance, en décembre 2022, le tribunal correctionnel de Paris l'avait condamné à un an de prison assorti d'une période de sursis probatoire de deux ans. Il avait fait appel et vu sa peine alourdie à l'issue de son second procès.
Il lui était reproché d'avoir envoyé des messages à deux jeunes de 15 ans, en 2013 et 2015-2016, qui consistaient pour l'un à évoquer des scénarios sexuels et, pour le second, à lui demander d'envoyer une photo de lui dénudé.
L'animateur avait aussi demandé en 2009 à un adolescent de 16 ans de se dénuder et de se masturber lors d'une audition pour le remake d'un film qui n'a jamais vu le jour.
"Ça m'a traumatisé", a confié à la barre le jeune homme lors du procès en première instance en 2022.
M. Morandini avait affirmé n'avoir gardé aucun souvenir de cet épisode et l'avait contesté. "Ça n'a pas pu se passer comme ça", avait-il assuré.
- "Humour" -
L'animateur est une des figures de CNews (groupe Canal+), première chaîne info de France, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
En octobre/novembre 2016, son cas avait été le catalyseur d'une crise ouverte à iTELE, l'ancêtre de CNews, dont M. Bolloré avait pris le contrôle auparavant.
Pendant un mois, la rédaction avait fait grève pour protester contre l'arrivée de M. Morandini à l'antenne. Il venait d'être mis en examen pour "corruption de mineurs" et avait été écarté d'Europe 1.
Le mouvement de grève s'était soldé par le départ de près d'un tiers des journalistes d'iTELE.
A son premier procès, Jean-Marc Morandini avait dans l'ensemble reconnu une "imprudence" mais s'était défendu en invoquant une forme d'"humour" et un jeu "virtuel".
Les débats avaient levé le voile sur des messages explicites envoyés à deux de ses jeunes admirateurs, du temps où il animait une émission sur NRJ 12, et agrémentés d'emojis, smileys et autres "Lol".
"Mdr tu es si coquin derrière ton air sage", "est-ce que tu bandes ?", avait-il écrit à Romuald (prénom modifié) en 2013 dans des messages privés sur Twitter.
L'animateur a également été condamné en appel en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel à l'encontre d'un jeune comédien, six mois de plus que la peine en première instance.
Dans ce dossier, il était poursuivi pour avoir encouragé entre juin et septembre 2015 des comédiens, alors âgés de 19 à 26 ans, à s'exhiber nus pour les castings d'une web-série intitulée "Les Faucons", dont il était le producteur.
Dans cette autre procédure, l'animateur a là aussi déposé un pourvoi en cassation, qui n'a pas encore été examiné.
C.White--PI